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DABBERT Riding the Century

↗ 1924 ↘ 1941

UGS : 0192312 Catégories : ,

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Réf. Biblethiophile

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Alexandra Drodovsky Dabbert est née en 1898 en Russe, à l’ouest de Kiev, dans une famille tsariste. Sa vie porte l’empreinte de tous les stigmates du XXème siècle. Dans un premier temps, ceux de la première guerre mondiale, de la révolution russe, du chaos économique d’après-guerre. En 1920, elle rencontre à l’université technique de Dresden un étudiant allemand dénommé Hermann Dabbert. Ils ont comme passion commune le dessin et la peinture. Une année après leur rencontre, les étudiants se marient. En 1923, Alexandra termine ses études et devient dentiste. Elle ouvre un cabinet avec l’aide financière de ses parents, réfugiés à Lindau. Il ne faut pas longtemps pour que le couple constate que les deux salaires ne suffisent pas subvenir à ses besoins. L’exile pour le Brésil ou l’Ethiopie est envisagé. Cette dernière destination est conseillée à Alexandra par ses contacts dans l’aristocratie russe en exile. En décembre 1923, les jeunes mariés prennent le train pour Trieste et s’embarque pour Djibouti.

A peine arrivé, Alexandra ouvre son cabinet dentaire, même si sa chaise n’a pas résisté au transport. Grâce à son activité professionnelle, ses contacts se développent rapidement et tous azimuts. Le récit regorge d’anecdotes. La chaise est restaurée par les techniciens du chemin de fer franco-éthiopien après que son directeur ait eu recours au service de notre dentiste. Durant son séjour à Djibouti, elle rencontre Ras Taffari.

En 1924, Hermann Dabbert se rend à Addis-Abeba pour rechercher un emploi. En juin, son épouse le rejoint pour s’y installer, ouvre son cabinet dentaire et devient rapidement la dentiste de la cour. Hermann est engagé comme ingénieur à la commune d’Addis Abeba et a dû faire de preuve de compétence car il est envoyé en mission à Lalibela par la Reine Zaoditu. Plus tard, il tirera de cette expérience une thèse de doctorat qui sera publiée en 1938 sous le titre « Die monolithenen Kirchen Lalibelas in Aethiopien » et qui atteste du beau coup de crayon de son auteur. Leur situation économique leur permet de se bâtir une maison, d’installer les parents d’Alexandra dans la capitale éthiopienne et d’accueillir leur premier enfant, un garçon nommé Olgard, surnommé Olik. Peu après le couronnement d’Hailé Sélassié, Hermann signe un contrat avec le gouvernement éthiopien pour une mission sur la frontière entre l’empire et le Somaliland. Elle occupera l’ingénieur allemand pendant quatre ans, au cours desquelles son supérieur et compatriote, Emile Beitz, sera assassiné. D’entre tous les souvenirs d’Alexandra, Taffara sort du lot et a droit à un chapitre du livre, portant l’année 1935.

Cette année-là, toute la famille ainsi que la nurse d’Olik, Birke, se rend en Allemagne. Tout bascule à nouveau et de nouveaux stigmates vont apparaître. Hermann est retenu en Allemagne par Hitler en personne. De retour en Ethiopie depuis peu, Alexandra apprend que l’Italie déclare la guerre à son pays d’adoption. Avant l’invasion italienne, le couple divorce tout en restant en bon terme. Pour preuve la dédicace de l’auteur de « Die monolithenen Kirchen Lalibelas in Aethiopien » à Madame Alexandra Dabbert, Addis Abeba, Ethiopie. Hermann se remarie et Alexandra en fait de même, en 1938, avec Ferdinando Pozzi, un officier italien qui lui fait découvrir son pays et son village, proche de la frontière suisse. Ils retournent en Ethiopie avec deux véhicules qu’ils débarquent à Massaoua et convoient personnellement à Addis Abeba ce qui fait de la Russe la première femme à avoir parcouru cet itinéraire au volant d’une voiture.

Le 5 mai 1941, Hailé Sélassié récupère son trône. Ferdinando est capturé et emprisonné en Inde, Alexandra (et sa famille) est considérée comme persona non grata. Elle se réfugie en Italie, y devient propriétaire à deux reprises jusqu’à la libération de son mari en 1946. Les épreuves endurées ont raison du couple. Le 2 août 1948, notre héroïne, son fils et ses parents quittent l’Europe et s’installe au Pérou.

Hormis quelques anecdotes sud-américaines, on apprend ensuite le retour d’Hermann en Allemagne de l’Ouest, qui remarie une troisième fois à la mort de seconde femme, l’installation d’Olik aux USA que Taffara a quitté pour retourner en Ethiopie. A la mort de ses parents, Alexandra rejoint son fils à San Diego avec, pour ne pas dérogé à la règle, tout son équipement de cabinet dentaire.

En 1973, Olik rend visite à Hermann pour la dernière dois avant sa disparition 6 ans plus tard, à l’âge de 80 ans. Alexandra Drodovsky Dabbert lui survivra encore 21 ans avant de le rejoindre après avoir vécu intensément tout le XXème siècle.

Biblethiophile, 12.01.2019