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FONTAINE Ménélik. Une Abyssinie des photographes (1868-1916).

UGS : 5003768 Catégorie :

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Réf. Biblethiophile

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Synopsis

À la fin du dix-neuvième siècle, l’Abyssinie des hautes terres attire des explorateurs venus du monde entier. Certains, équipés d’un matériel photographique, enregistrent les premières images du pays de ce roi du Choa, Ménélik II, qui devient en novembre 1889 Negusse Negest, Roi des rois d’Éthiopie. Le livre rassemble une iconographie en grande partie inédite composée essentiellement de photographies provenant de collections publiques et privées, mais aussi d’illustrations en couleurs (chromos, presse), de gravures et de nombreuses cartes. Réalisé avec le soutien de l’ambassade de Suisse en Éthiopie, l’ouvrage constitue une suite à l’exposition Alfred Ilg. L’Ingénieur et le Roi présentée au musée d’Art moderne d’Addis Abeba en 2016 à l’occasion du 100e anniversaire de la mort de l’ingénieur Alfred Ilg. Trois éditions paraissent en ce début d’année 2020 : en langue française, en langue anglaise (traduction Yves Marie Stranger), en langue amharique (traduction Brook Beyene). Un très beau livre imprimé sur Munken Print White, couverture cartonnée sur Efalin, marquage à chaud du titre sur film rouge, tranchefile. Avec des reproductions d’œuvres de Hailu Kifle. AMARNA éditions * Format 20,5 cm x 27 cm x 4,5 cm * Poids 1,6 kg.

Plus d’informations sur le site dédié : http://www.menelik.eu/.

Source : http://huguesfontaine.eu/menelik/


Hugues Fontaine est un réalisateur français, photographe, éditeur et commissaire d’exposition. On lui doit des travaux concernant l’Ethiopie comme « Un Train en Afrique » (2012), « Arthur Rimbaud photographe » (2019) et « Ménélik » (2020). L’exposition « Alfred Ilg. The engineer and the king » (2016), dont il a été le commissaire, a mis en valeur la collection de photographies du conseiller suisse de Ménélik cédée par la famille Ilg au Musée d’ethnographie de l’Université de Zürich. L’ambassade suisse à trouvé en M. Fontaine un chercheur qui ne se contente pas de redécouvrir des photographies mais qui prend la peine de les analyser, de les décrire et de les comparer avec celles issues d’autres fonds. On appréciera tout particulièrement sa détermination à découvrir l’auteur des photographies, ce qui est loin d’être une sinécure lorsqu’on sait le peut de reconnaissance artistique qu’avait la photographie à la fin du XIXème siècle. Il est l’artisan de l’exposition « Rimbaud photographe » tenue à Charleville-Mézières en 2019 et de celle tenue à Nîmes « Rimbaud-Soleillet I Une saison en Afrique ».

L’exposition « Rimbaud photographe » tenue à Charleville-Mézières en 2019 a démontré que l’acharnement peut amener à surprendre les Rimbaldiens, généralement réticents à admettre qu’il existât encore des choses à dire sur leur poète. Il ne faudrait pourtant pas croire que l’acharnement consiste à utiliser les meilleurs mots clés dans les moteurs de recherches. Le travail d’Hugues Fontaine est la preuve que le verbe chiner n’est pas à retirer du dictionnaire pour raison d’obsolescence.  Sinon, comment expliquer que les Ethiopisants, si renommés soient-il, aient pu passer à côté du fond photographique de Paulitschke déposé au KHM-Museumsverband, Weltmusem à Vienne et accompagné du registre méticuleusement tenu par le chercheur autrichien ? L’explication se trouve chez Paulitschke, lui-même, qui nous a offert des études inestimables, fruit d’une étude éclectique, laborieuse au XIXème siècle. La somme d’information de première main que Paulitschke a fournie à la suite d’un des plus courts séjours en Abyssinie par un scientifique, deux mois, est unique dans l’histoire des études éthiopiennes. La voie que s’est ouverte M. Fontaine est libre. On ne peut que l’encourager à inonder les études éthiopiennes, les passionnés, les amateurs de photos du trésor que recèlent les musées et autres archives.

Chercherait-il des pistes ? Qu’il commence par convaincre M. Guéry de rééditer son « D’un continent à l’autre, EJ Bidault de Glatigné ». En rupture de stock avant d’avoir paru (2016). Faut-il s’en étonner ? Ensuite, il n’aura qu’à suivre le programme qu’il peut trouver à la page des « crédits photographiques » de ses propres livres :

  • Fond du photographe Kohanovski.
  • Fond du photographe Lebedinskiy.
  • La réédition du l’atlas du Royal Engineers.
  • Fond photographique de Friedrich von Kulmer.
  • Fond photographique de Hénon.
  • Fond photographique de Paul Buffet.
  • Fond photographique de Ludwig von Höhnel.
  • Fond photographique de Maurice de Coppet.
  • Fond photographique de Porquier.
  • Fond photographique de Savouré.
  • Fond photographique de Parmentier.
  • Fond photographique de Lebedev.

Et de tant d’autres. On attend avec impatience le prochain opus !

Biblethiophile, 19.04.2020

Article d’Hugues Fontaine, Paris, 29 septembre 2020 : https://www.rimbaudverlaine.org/en/news/arthur-rimbaud-and-king-menelik-shoa/.


Analyse par Stéphane Richemond dans le bulletin Images & Mémoires, n°65, été 2020.

Le dernier ouvrage de notre nouvel adhérent Hugues Fontaine [voir aussi son article dans ce Bulletin], consacré à Ménélik II (1844-1913), l’empereur d’Éthiopie, dit Le Roi des rois, n’est pas un livre d’histoire mais un livre d’images, en ce sens que ce ne sont pas les images qui illustrent l’histoire de l’Éthiopie durant le règne de Ménélik, mais l’histoire qui commente les images. Cependant le travail de l’auteur n’en est pas moins noble car il se situe en amont de celui de l’historien en mettant à disposition des chercheurs (historiens, géographes, ethnologues, urbanistes…) des sources de premier plan qui nécessitèrent de nombreuses années de recherches assidues tant dans les fonds publics que privés. En publiant cet ouvrage, l’auteur atteint un double objectif. Il présente, pour la première fois, une synthèse de l’iconographie existante sur Ménélik II. Il y a merveilleusement réussi au prix d’investigations longues et tenaces en France, mais aussi en Italie (Archivio IsiAO, Rome, Società Geografica Italiana), en Suisse (fonds Alfred Ilg, musée d’Ethnographie de Zurich), en Autriche (Académie des Sciences), en Grande-Bretagne (Royal Geographical Society), en Éthiopie (fonds de l’Institut d’études éthiopiennes)… Il a aussi pu obtenir par des échanges de correspondances des images conservées en Russie (fonds du Kunstkamera Museum et du musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg) et aux États-Unis (fonds du Massillon Museum), car l’une des difficultés auxquelles il fut confronté a été la très grande dispersion de l’iconographie de Ménélik. En effet, nombreux furent les photographes-voyageurs de divers pays qui immortalisèrent par leurs clichés l’Abyssinie de la fin du XIXe siècle et du début du suivant. Cette somme d’images du plus haut intérêt réunie sur Ménélik n’avait jusqu’alors aucun équivalent. Le second objectif fut de permettre au pays concerné, ici l’Éthiopie, de bénéficier de ces images, car celles des pays d’Afrique se trouvent presque toujours en Europe. L’auteur a donc entrepris de faire traduire son livre, non seulement en langue anglaise, mais surtout en amharique, c’est-à-dire dans la première langue nationale. L’ouvrage présente quelques magnifiques photographies anciennes et inédites parmi lesquelles Ménélik suivi de ses importantes troupes, d’après un cliché dû sans doute à Edmond de Poncins, vers 1897 ; de même une des dernières de l’empereur, prise à la fin de sa vie par le docteur Kohanovski. Évoquons de même des photographies précieuses de bâtiments anciens, telle la maison de l’ingénieur Alfred Ilg à Entoto et aussi plusieurs vues de palais royaux et de paysages urbains. L’iconographie du chemin de fer franco-éthiopien n’est pas oubliée non plus. À ces images s’ajoute une trentaine de photographies de l’auteur prises dernièrement. Ajoutons que ce livre comprend un intéressant chapitre sur la cartographie ancienne du pays dont l’auteur, qui collabore au programme international Ethiomap, exploring modern maps of the Horn of Africa (18th – 20th centuries), est un très bon connaisseur. Citons en particulier celles dessinées par le Français Rocher d’Héricourt vers 1843, par l’Allemand Petermann en 1876, par l’Italien Giuseppe della Vedova vers 1883. Mentionnons aussi plusieurs plans anciens d’Addis-Abeba, notamment du Ghebbi, le palais impérial. L’ouvrage d’Hugues Fontaine est l’aboutissement de longues années de travail qui ont déjà donné lieu à plusieurs publications sur des sujets proches. Citons Un train en Afrique – Djibouti-Éthiopie (édition du Centre français d’études africaines et Shama books), en 2012, Arthur Rimbaud photographe (les éditions Textuel), en 2019. Mentionnons aussi plusieurs expositions organisées par l’auteur : au musée Arthur Rimbaud à Charleville-Mézières, Alfred Ilg, un Suisse en Abyssinie 1878-1906, en 2016, suivie de Rimbaud Photographe, en 2019 ; enfin, à la bibliothèque du Carré d’Art de Nîmes, Rimbaud – Soleillet, une saison en Afrique, cette année 2020, avec le concours de Jean-Jacques Salgon et Philippe Oberlé.