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MONDON-VIDAILHET un ami de l’Éthiopie.

↗ 1892 (03) ↘ 1893 (07), ↗ 1894 (11) ↘ 1897 (12)

UGS : 0189203 Catégories : ,

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Casimir Mondon-Vidailhet est l’auteur d’un lexique amharique qu’il remet à Chefneux en 1877 et qui, en 1892, participe à la mission en Abyssinie de ce dernier tout en assurant une correspondance avec Le Temps.  La mission arrive à Addis-Abéba le 16 octobre. Ménélik reçoit la légion d’honneur. Le 19 février 1893 la mission retourne en France sans Mondon, frappé d’ophtalmie, qui la rejoindra au mois de juillet. Impatient de retourner en Abyssinie, il parvient à embarque fin 1894. Le 9 janvier 1895, il est à Harar ; le 27 février à Addis-Abéba. Dans ses bagages, il apporte une presse et de ce fait devient l’introducteur de l’imprimerie au Choa. Sans fonction officielle, il ne peut se défendre contre un Lagarde et se résigne à rentrer en France le 16 décembre 1897. Le 16 juin 1898, il est nommé chargé de cours d’abyssin (amharique) au aux Langues O’. Andrieu, Blanchart (cf. Duchesne-Fournet), Ferrus et Quentin sont les premiers diplômés d’abyssin. En 1900, Mondon accompagne en Palestine la mission éthiopienne conduite par le liqä Mäkwas Nadäw. Il est également présent lorsque la mission éthiopienne conduite par le ras Makonnen arrive en France, en 1902. Mondon-Vidailhet meurt le 30 novembre 1910.

On doit à Alain Rouaud d’avoir sorti de l’ombre l’agent officieux français auprès de Ménélik, en 1997, dans le bulletin n° 10 de la Maison des Etudes Ethiopiennes. Vingt-trois ans plus tard, jamais satisfait, il défait son travail, y ajoute les fils issus des dernières découvertes et remet l’ouvrage sur le métier pour le n°14 de Pount. Pointilleux comme à son habitude, Alain Rouaud nous présente Mondon-Vidailhet en y ajoutant entre autres les archives privées Mariande-Goudal. Fait suite la liste des correspondances et articles de l’éthiopisant parus dans le journal Le Temps. Même si ce journal a été numérisé et mis en ligne par la BnF, on peut qu’être de l’avis de l’auteur et promouvoir une publication qui les regrouperait. Le chercheur termine sa contribution par la publication des lettres reçues par Mondon et par une chronologie, toujours aussi utile et si souvent délaissée. Pour les habitués des études d’Alain Rouaud, est-il nécessaire de préciser que la bibliographie est minutieusement dressée ?

Il y a des chercheurs qu’il est bon d’associer, en raison de leur méthodologie et de leurs intérêts communs. C’est le cas d’Alain Rouaud et de Lukian Prijac. Une archive considérée comme disparue, mal référencée n’a aucune chance de prétendre à une paisible retraite avec ce dernier chercheur. Afä-Wärq a eu à faire à Rouaud, Lagarde à Prijac. Ils peuvent reposer en paix, personne ne les oubliera. Dans ce numéro de Pount, Prijac se mesure à un adversaire insaisissable, un homme de l’ombre qui en sort pour apparaître à toutes les fins de pages de documents ayant trait à l’Abyssinie de la fin du XIXe siècle, à l’Ethiopie du siècle suivant et qui disparaît sitôt l’intérêt suscité devenu trop grand. Tout éthiopisant bien documenté aura relevé que Léon Chefneux est omniprésent et qu’à contrario sa bibliographie est déduite au néant. Voilà un homme d’affaire, agent officieux, homme affublé foultitude de titres sans prétendre à aucun qui se déplace continuellement dans des régions que certains ne parviennent pas à traverser sans perdre la vie ; qui initie les plus grands projets que l’Ethiopie peut prétendre ; qui côtoie une quantité innombrable de personnes sans qu’une seule ne dise du mal de lui et qui, finalement, n’a eu qu’un défaut, celui de n’avoir pas mis par écrit le récit de son expérience éthiopienne. Aujourd’hui, cette lacune porte préjudice aux Etudes éthiopiennes. Aussi modeste qu’Alain Rouaud, Lukian Prijac présente le résultat de son étude comme des jalons pouvant servir à la biographie éthiopienne. Certains l’auraient présenté comme une thèse !

On ne peut que se féliciter de pouvoir compter sur une des dernières publications francophones dédiées à la Corne de l’Afrique. Que son rédacteur trouve ici toute l’assurance de notre soutien.

Biblethiophile, 09.04.2021