Pêle-mêle

L’épopée des passeurs. L’âge d’or du trafic de migrants à Djibouti.

LAURET (Alexandre)

L'épopée des passeurs. L'âge d'or du trafic de migrants à Djibouti.

Édition

Éditeur : La Découverte

Lieu : Paris

Année : 2025

Langue : français

Description

État du document : bon

Reliure : souple

Références

Réf. Biblethiophile : 004851

Réf. UGS : 91120000

COLLATION :

299 p.

En savoir plus

En 4e de couverture

Loin des voies empruntées pour atteindre l’Europe, dans la Corne de l’Afrique, des migrants éthiopiens privés de perspectives quittent en nombre leur pays déchiré par les conflits, parcourent la région aride du nord de Djibouti d’où ils embarquent pour franchir la mer Rouge, avant de traverser le Yémen en guerre afin de tenter leur chance en Arabie saoudite. Pour parvenir à destination, ils remettent leur vie entre les mains de passeurs.

C’est à ces intermédiaires, figures honnies d’un trafic sur lequel les États se dédouanent de leurs responsabilités dans les traitements subis par les  » clandestins « , qu’est consacré cet ouvrage. À Djibouti, Alexandre Lauret a vécu pendant plus de deux ans au contact de pêcheurs d’une région marginalisée du pays reconvertis dans l’organisation d’une filière migratoire transnationale savamment structurée. Il retrace ici leur histoire, sous la forme d’une véritable épopée.

Celle-ci, aussi courte que violente, tient en treize années seulement. Entre 2007 et 2020, ces hommes ont fait transiter plus de 1,2 million d’Éthiopiens. Durant ce laps de temps, défiant les autorités, ils sont devenus plus riches et plus puissants que les ministres djiboutiens avant de tout perdre et de n’être plus rien. Parmi leurs hauts faits, ce ne sont peut-être pas tant les courses-poursuites avec les  » fédéraux « , les affrontements et les vols de convois entre réseaux ou les rivalités avec leurs homologues éthiopiens ou yéménites qui donnent leur tonalité épique à leurs récits, mais bien davantage le discours politique subalterne à travers lequel ils légitiment leur activité.

Alexandre Lauretest géographe et anthropologue, chercheur à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire. Il a notamment publié La Guerre et l’Exil. Yémen 2015-2020 (Les Belles Lettres, 2023).

Table des matières

  • Prologue. D’une rive à l’autre
  • Chapitre 1. Aux origines de l’épopée (XIXe-XXe siècles)
  • Chapitre 2. Une genèse du trafic de migrants (2007-2011)
  • Chapitre 3. L’âge d’or des passeurs djiboutiens (2011-2012)
  • Premier interlude. Passeurs d’histoires
  • Chapitre 4. La libéralisation du trafic (2013-2015)
  • Chapitre 5. Une contre-histoire de la chute du réseau unique
  • Chapitre 6. Le revanche des dalals yéménites (2015)
  • Deuxième interlude. Passeurs des morts
  • Chapitre 7. La guerre des réseaux (2015-2018)
  • Troisième interlude. Passeurs du temps
  • Chapitre 8. Du vol à la torture de migrants (2015-2018)
  • Chapitre 9. La paix des braves (2018-2019)
  • Quatrième interlude. Passeurs ou rebelles ?
  • Chapitre 10. La mélancolie des passeurs (2019)
  • Cinquième interlude. Passeurs des marges
  • Épilogue. L’effondrement des réseaux (2020)
  • Remerciements.

Lien vers le livre sur le site de l’éditeur, consulté le 09.07.2026 : https://www.editionsladecouverte.fr/l_epopee_des_passeurs-9782348087066

Les Martyrs du Golfe d’Aden

Le 18 juin 2026, sous la direction de Serge Dewel, le département Éthiopie de l’Institut chrétiens d’Orient organisait une Journée d’étude. La présentation d’Alexandre Lauret (IRSEM), « Les migrations entre la Corne de l’Afrique et la péninsule Arabique » ne manqua pas d’attirer l’attention de l’auditoire. Preuve en est la première question posée lors de la table ronde prévue au terme de la première session : « quelles sont vos sources car les passeurs ne parlent pas ? ». Voir ici l’intégralité de la session (consultée le 09.07.2026).

Pour poursuivre sur le sujet, Lauret nous recommendait le reportage de Daniel Grandclément Les Martyrs du Golfe d’Aden, réalisé en 2007, mis en ligne sur YouTube le 7 septembre 2020.

« Dans ce grand reportage primé au FIGRA[1], le journaliste Daniel Grandclément fait directement la traversée de l’Ethiopie au Yémen avec les migrants clandestins d’Afrique. Une traversée éprouvante, filmée sans filtre, de la négociation des passeurs jusqu’à l’arrivée des clandestins sur les plages Yéménites. »

Chers éthiopisants, préparez-vous à avoir la gorge serrée.

Yémen : après la migration, que deviennent les clandestins somaliens ?

Trois ans plus tard, Daniel Grandclément reprend son reportage à partir des côtes du Yémen dans Yémen : après la migration, que deviennent les clandestins somaliens ? diffusé sur Thalassa en février 2010, disponible sur YouTube depuis le 11 février 2022.

« 2006 : Daniel Grandclément livrait un reportage choc sur la migration des somaliens vers les côtes du Yemen. Un périple dans des conditions inhumaines. En 2009, il découvre le quotidien de ces clandestins après la traversée.  Ce voyage risqué et épuisant vaut-il le coup pour ces immigrés ? »

Yémen : à marche forcée

Alexandre Lauret nous conseillait également le reportage de Charles Emptaz à la réalisation, Olivier Jobard à la caméra et produit par Barbara Conforti en 2019, Yémen : à marche forcée, libre d’accès jusqu’au 29 octobre 2028.

« Pour ce reportage, Olivier Jobard à la caméra, a remporté le premier prix de la catégorie image vidéo de l’édition 2020 du Prix Bayeux-Calvados des reporters de guerre. Ce reportage a aussi gagné le prix du reportage moyen format aux DIG Awards du journalisme d’investigation en Italie.

Chez eux, en Éthiopie, les Oromos n’ont rien. Par centaines de milliers, ils migrent vers l’Arabie Saoudite, richissime contrée où ils s’imaginent un avenir.

Mais la route est longue, périlleuse, impossible. Elle se pratique à pied, faute de pouvoir payer les passeurs et elle est semée d’embuches. Les montagnes de Galafi, à la frontière de Djibouti, irradiées par un soleil brûlant, mettent à terre les plus vaillants, terrassés par la soif.

A Obock, un petit port sans charme, les migrants sont convoyés de nuit vers des boutres surchargés qui affrontent les vagues de la Mer Rouge. Et, ultime danger : au Yémen, l’industrie migratoire est infiltrée par les mafias locales. Là-bas, les migrants oromos deviennent des proies. Les plus pauvres sont les plus vulnérables. Déviés de la route, aux prises avec des passeurs sans scrupules, ils sont torturés jusqu’à ce que leurs familles paient la rançon, parfois ruinées par la vente de toutes leurs terres pour tirer un fils ou une fille de l’enfer des maisons de torture.

D’une rive à l’autre du Golfe d’Aden, Charles Emptaz a marché avec ces migrants éthiopiens, animés par une idée fixe et lancinante : gagner un jour son pain.

Des bribes de cette odyssée, ils tentent de reconstituer le récit d’une traversée mortelle, dessinant en creux le portrait d’un peuple transfiguré par l’épreuve, les Oromos. »

Biblethiophile, 10.07.2026


[1] Festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de société.