I gen. Barattieri e Arimondi alla commemorazione di Dogali, 1895.
Édition
Éditeur : s.n.
Lieu : s.l.
Année : 1895
Description
État du document : acceptable
Références
Réf. Biblethiophile : 004855
Réf. UGS : 4114061
COLLATION :
Albumine dans passe-partout cartonné et collé.
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Le photographe, la commémoration et les participants
Photo albumine dans passe-partout collé, dépourvue de légende. Elle est prise par Luigi Naretti le 25 janvier 1895 à Dogali durant la célébration de la messe à la mémoire des soldats morts à la bataille de Dogali, huit ans auparavant, les 25 et 26 janvier 1887.

Rappelons brièvement qu’avec le consentement de l’Angleterre, le colonel Tancredi Saletta occupe Massaoua en février 1885[1] et passe le commandement au major général Carlo Genè au mois de novembre suivant.

La réaction des Éthiopiens au débarquement de l’armée italienne et à sa propension à s’expanser se traduit deux ans plus tard par l’attaque de Sahati et Dogali par le ras Alula.
À Sahati, le 25 janvier 1887, la défaite des Éthiopiens est amère mais pire sera celle des Italiens le lendemain à Dogali lorsqu’un bataillon tombe dans une embuscade tendue par ras Alula. On ne compte que 80 rescapés sur les 500 soldats[2].

Tancredi Saletta, devenu major général, est rappelé au poste de Comandante Superiore.
Aujourd’hui, en Erythrée, un monument aux morts de Dogali pointe toujours vers le ciel. Il est visible sur google map.


En 1895, date à laquelle Luigi Naretti prend la photo qui nous occupe, le gouverneur civil et militaire est le lieutenant général Oreste Baratieri. Quelle ironie du sort que de voir Baratieri au milieu de la scène rendre hommage aux centaines de soldats tombés dans le guet-apens de Dogali et de savoir qu’une année plus tard on lui fera porter la responsabilité des milliers d’Italiens morts à Adua ! D’autant que derrière lui se tient le colonel Giuseppe Edoardo Arimondi qui sera au nombre des victimes[3].

Dans un autre registre, Luigi Naretti immortalise la présence à gauche de Baratieri de Teresa Naretti, née Zander.

Son père Eduard Zander, architecte allemand, rejoint le botaniste Georg Wilhelm Schimper en Éthiopie en décembre 1847 et réalise une série de dessins magnifiques partiellement publiés dans l’album Views in Central Abyssinia.

En 1853, Zander se marie à une « Oromo de Limma » qui donne naissance à quatre enfants : une fille dont le nom ne nous est pas parvenu ( ?-1856) ; un garçon dénommé Kasa (1863-1928) et deux autres filles : Teresa ( ?-1924) et Maria Sophia (1855- ?).


Rescapé de Magdala, il meurt le 26 septembre 1868, à « Mulkutto près de Sulla »[4].
Teresa se marie à l’architecte et voyageur Giacomo Naretti (1831-1899), le cousin de notre photographe.
Giacomo et Teresa Naretti, leur deux filles et la gouvernante éthiopienne en ca 1896.
Source: SBACCHI (Alberto) & VERNETTO (Gino), Giacomo Naretti alla corte del Negus Johannes IV d’Etiopia.

Toujours l’œil jumelé à son objectif, Luigi se doutait-il que Teresa allait devenir sa femme quatre ans plus tard, à la mort de Giacomo[5] ?
Reste à reconnaître l’officiant en la personne du Capucin Michele da Carbonara. Sachant que l’année 1895 est marquée par l’expulsion des Lazaristes français et leur remplacement par les Capucins italiens[6], il est le premier préfet apostolique de la toute nouvelle Préfettura apostolica dell’Eritrea.





Les versions
À regarder de plus près le présent cliché et en le comparant avec celui utilisé majoritairement par la littérature, on se rend compte que Luigi Naretti n’a pas seulement gardé l’œil vigilant mais qu’il a concomitamment actionné l’obturateur au minimum à trois reprises.
Nous proposons de les différencier à l’aide de la position de l’officiant et de son diacre.
Diacre à gauche de l’officiant.
cf. le présent cliché conservé dans la collection biblethiophile.

Diacre à droite de l’officiant.
cf. la littérature ci-dessous.

Officiant en génuflexion.
Version conservée par le Castello Museo Storico Italiano Della Guerra à Rovereto et disponible en ligne sur le site de gettyimages

Le tableau ci-après tente de rassembler toutes les versions rencontrées, avec leurs légendes – à condition qu’elles soient plus édifiantes que celle de cette carte postale – et le cas échéant le texte s’y rapportant.
| N° | Source | Publiée | Légende/Texte |
|---|---|---|---|
| 1 | ROSATI (Antonio), Immagini delle Campagne Coloniali. Eritrea-Etiopia (1885-1896), p. 205 | 2005 | « Massau 1895. Il Generale Baratieri partecipa alla S. Messa in suffragio dei caduti di Dogali. (Foto L. Naretti). » |
| 2 | PALMA (Silvana), L’Italia coloniale. Storia fotografica della Società italiana, p. 65 | 1999 | « Dogali, 25 gennaio 1895. Messa di commemorazione dei caduti nella battaglia di Dogali officiata da padre Michele da Carbonara. Alle sue spalle il generale Baratieri e il colonnello Arimondi. Foto Luigi Naretti. » |
| 3 | RESTA (Gianvito, dir.), GOGLIA (Luigi, curat.), Colonialismo e fotografia, il caso italiano, p. 165. | [ca 1989] | « IV.2 Commemorazione religiosa dei caduti della sconfitta di Dogali (26 gennaio 1887) ad opera di Ras Alula, officia Padre Michele da Carbonara; in divisa cachi casco bianco e sciabola il generale Baratieri, dietro a lui in tenuta bianca a capo scoperto il colonnello Arimondi, alla sinistra la signora vestita di nero con il ventaglio in mano è Teresa Zander Naretti, moglie di Giacomo ed interprete presso il governo della Colonia. Dogali. Probabilmente 1892. Fotografia di Luigi Naretti, Massaua. A.P.R. » |
| 4 | BOTTARO (Luigi, a cura di), Gli Italiani in Eritrea. Esploratori, Missionari, Medici e Artisti, p. 103 (texte à la page précédente) | 2003 | « P. Michele da Carbonara celebra la Messa a Dogali, alla presenza dei generali Baratieri ed Arimondi. » Le texte se rapportant à l’image dit : « E così, mentre i cappuccini Francesco da Offeio e Francesco da Bassano si posero al seguito delle truppe e patirono ad Adigrat le sofferenze d’un assedio seguito da un’epidemia di tifo, padre Michele, il 26 gennaio 1895, celebrò una funzione sul colle di Dogali in memoria dei soldati là massacrati da Ras Alula nel 1887, poi volse i suoi passi a Massaua e là celebrò una ulteriore funzione per ricordare le vittorie italiane di Coatit e Senafe. » |
| 5 | Collection Biblethiophile | 1895 | N°61 I gen. Barattieri e Arimondi alla commemorazione di Dogali. |
Biblethiophile, 11.08.2026
[1] SMIDT (Wolbert), « Massawa », EAe, t.3, p. 851. Concernant la liste des commandants et des gouverneurs, voir notre liste ici.
[2] HAGGAI (Erlich), « Dogali, battle of” », EAe, t.2, p. 186.
[3] OFCANSKY (Thomas P.), « Arimondi, Giuseppe Edoardo », EAe, t.1, p. 334.
[4] PETERMANN (Dr. A.), « Geographische Nekrologie des Jahres 1868 », Mittheilungen aus Justus Perthes’ Geographischer Anstalt über wichtige neue Erforschungen auf dem gesammtgebiete der Geographie, 1869, p. 39.
[5] Le prestigieux arbre généalogique de Zander compte parmi d’autres : Katherina (Wälätta Iyäsus, 1850-1932), Moritz Hall (1838- ?), Magdalena Hall (1868- ?) la grand-mère de Sir Peter Ustinov (1921-2004); Kasa Zander (1863-1928), Birru Petreos « Wolqayte » (ca 1830-1887) l’arrière-grand-père de notre amie Hiewet Zecharias.
[6] UOLDELUL CHELATI DIRAR, « Collaborazione e conflitti: Michele da Carbonara e l’organizzazione della Prefettura Apostolica dell’Eritrea (1894-1910) », Quaderni storici, Fascicolo 1, aprile 2002.