De 1868 à 1885

Aden et le golfe d’Aden. Lettres du R. P. Exupère de Prats de Mollo.

EXUPÈRE DE PRATS DE MOLLO ↗ Aden 1863 (11) ↘ Aden 1864 (ca 10)

Aden et le golfe d'Aden. Lettres du R. P. Exupère de Prats de Mollo.

Édition

Éditeur : Alfred Mame

Lieu : Tours

Année : 1871

Langue : français

Références

Réf. Biblethiophile : 004882

Réf. UGS : 0186311

Première entrée : 1863

Sortie définitive : 1864

COLLATION :

Edition originale. Cartonnage éditeur percaline bleu, orné or & noir, 135 x 225 mm, de 180 pages ornées d'un frontispice. Dos frotté , manque à la coiffe, sinon excellent état.

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Les pères Exupère

Le préambule de ce billet revient à Alain Rouaud qui, au colloque international des « 125 ans d’amharique et d’études éthiopiennes à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) »[1], le 14 mars 2024, présente ses réponses à « Quelques questions sur un dictionnaire amharique français d’Antoine d’Abbadie localisé au Japon »[2].

Lors du souper, les discussions allant bon train, Alain Rouaud, avec l’aide d’Éloi Ficquet, se remémore le nom du Père Exupère, d’origine mexicaine, qui quitte la France pour le Mexique en 1956, emportant avec lui les archives concernant Arnauld d’Abbadie. Sachant que le dictionnaire amharique français d’Antoine d’Abbadie qui occupe le chercheur a été très probablement acquis par Shōzen Nakayama au Mexique en 1961, le lien supposé avec le Père Exupère est bienvenu.

Dans la version du mois d’avril 2025 de ses « Questions »[3], Alain Rouaud nous rend attentif au fait qu’il existe deux Exupère liés à l’Éthiopie, parfois confondus :

Le Père Exupère de Prats de Mollo.

(1837-1917)

source: Velles Pedres i Arrels

Le Père Exupère « de Biarritz »,

(1900-1964)

source: Colegio Alberto Rincón Gallarddo

D’autre part, il nous apprend qu’Alberto Rincón Gallardo Haghenbeck est « né à Biarritz, en 1900, dans une grande famille mexicaine » et qu’il entre chez les capucins en 1919 pour être ordonné prêtre six ans plus tard avant de partir en Éthiopie à la mission galla. Il est l’auteur d’une Méthode de lecture éthiopienne dont nous reparlerons plus tard.

L’autre Exupère est né à Prats de Mollo dans les Pyrénées orientales, devient missionnaire dans notre coin – dixit Alain Rouaud – et meurt en 1917[4].

Deux Exupère liés à l’Éthiopie ; une curiosité qui pique votre curiosité, non ?

Plus d’une année plus tard, Aden et le Golfe d’Aden, lettres du R. P. Exupère de Prats de Mollo fait irruption sur le marché du livre ancien et finit sa course dans la collection de biblethiophile.

Le prétexte est donc tout trouvé pour se pencher sur l’apostolat du missionnaire. Encore faut-il contextualiser son action.

Par où commencer ?

Dilemme redondant : quelle année de l’almanach éthiopien faut-il retenir pour entamer notre étude ?

Assurément 1838.

Tout particulièrement le mois de mars lorsque, à Adoua, le däğğazmač Wəbe Haylä Maryam décide d’expulser les missionnaires protestants Karl Heinrich Blumhardt, Karl Wilhelm Isenberg et Johann Ludwig Krapf et par la même occasion Carl Christian Friedrich Kielmaier, Keller et Wilhelm Georg Schimper. Seul Schimper parvient à convaincre le souverain de le laisser s’installer sur ses terres, celles qui lui offriront une sépulture quarante ans plus tard.

En ce printemps 1838, Wəbe ne va pas jouir de sa solitude car arrive une relève composée des frères d’Abbadie et du missionnaire lazariste Giuseppe Sapeto. Puisque notre propos est de parler de missionnaires, laissons Arnauld s’en aller guerroyer et portons notre regard sur l’aîné des deux frères, Antoine d’Abbadie[5] qui, peu de temps après son entrée en Éthiopie, décide de retourner en Europe pour chercher de nouveaux instruments d’optique, accompagné d’un moine et d’un dabtara éthiopiens, chargé de documents remis par Sapeto.

Au Vatican, « l’impression sur le Pape Grégoire XVI et sur la congrégation de la Propagande est forte », nous assure Marie-Claude Berger[6]. Cet enthousiasme se traduit par la constitution de la mission d’Abyssinie et le départ à l’été 1839 des deux lazaristes italiens, le R.P. de Jacobis comme préfet[7] et le P. Montuori comme adjoint.

Le 9 mars 1845, depuis l’Éthiopie, Antoine d’Abbadie, propose à la Propagande une nouvelle mission dédiée au pays Galla[8]. La réponse ne se fait pas longuement attendre, Berger précisant : « en 1846, la Préfecture apostolique est scindée en deux vicariats : celui d’Abyssinie, toujours en charge de M. de Jacobis et aux lazaristes, et le vicariat[9] des Gallas pour l’Éthiopie du sud confié aux capucins et qui reçoit pour chef le Père Guglielmo Massaja consacré évêque in partibus » [10] .

Guglielmo Massaja et son témoignage

Trente-cinq années de mission en Éthiopie ne peuvent passer inaperçu et encore moins se résumer en quelques lignes.

En bref donc.

Lorenzo-Antonio Massaja (8 juin 1809 – 6 août 1889) revêt l’habit de capucin en 1826 et adopte le prénom de son frère Guglielmo en son hommage[11].

Vingt ans plus tard, il est appelé à Rome par le procureur général des Capucins pour assister à la fondation du vicariat apostolique de Galla et pour être consacré évêque titulaire de Cassia in partibus infidelium (i.p.i) ainsi que premier vicaire apostolique.

Le découpage de son apostolat par Ettore Cozzani nous semple le plus pertinent, d’autant plus qu’une carte d’ensemble résumant les itinéraires offre un outil précieux[12].

Voyage 1juin 1846avril 1850Région du Tigré, de l’Amhara, échoue à entrer au Choa, se replie au Godjam, échoue à entrer dans le pays Galla, expulsé par le däğğazmač Wəbe, Aden, parvient non sans difficulté à consacrer de Jacobis évêque.
Retourne en Europe pour rendre compte et chercher des soutiens.
Voyage 2mars 1851avril 1864Echoue à entrer dans le pays Galla par l’ouest, au sud du Nil bleu. Entre en Ethiopie par Matamma, tente le passage par le Godjam, à l’ouest du Lac Tana, contraint de passer par l’Amhara et atteint finalement le pays Galla.
Retourne en Europe pour chercher du renfort, pour rédiger des supports pédagogiques à l’attention des nouveaux missionnaires (par exemple Lectiones grammaticales pro missionariis qui addiscere volunt linguam amaricam seu vulgarem abyssiniae, nec non et linguam oromonicam seu populorum Galla nuncupatorum) et pour fonder le collège des Galla à Marseille.
Voyage 3avril 1866juin 1867Aden, Massaoua, Zeyla, il échoue à entrer en Éthiopie. La préparation de l’intervention militaire des Britanniques contre Tewodros II est patente.
Retourne brièvement en Europe en attendant la réponse de Menelik pour son passage par le Choa.
Voyage 4août 1867juillet 1880Aden, Choa, Amhara, expulsé par atsé Yohannes IV, sort par Matamma, Ghedaref, Kassala, Suakin.
Résumé des quatre voyages de Massaia dans la Corne de l’Afrique

Revenu en Europe sans ses notes perdues ou pillées lors des exils, Massaja rédige – de mémoire et à plus de septante ans – le récit de ses trente-cinq années d’apostolat en Éthiopie.

Le manuscrit passe entre les mains de son secrétaire Giacinto La Greca da Troina avant d’être publié entre 1885 et 1892 sous le titre I mei trentacinque anni di missione nell’alta Etiopia. Memorie storiche – pour l’anecdote, on appréciera l’exemplaire de biblethiophile ayant appartenu à Carlo Annaratone.

La version française du premier voyage uniquement est publiée par la Société de St Augustin chez Desclée de Brouwer et Cie en 1887 Mes 35 années de mission dans la Haute Éthiopie […].

Ces deux éditions contiennent une pépite sous la forme d’une carte dressés par Antoine d’Abbadie.

Un siècle plus tard, Antonino Rosso décide, par souci d’intégralité et de fidélité au récit original de Massaja, de publier le manuscrit sous le titre Memorie storiche del vicariato apostolico dei Galla 1845-1880.

Même si on peut raisonnablement penser que Massaja a suscité la vocation missionnaire d’un Exupère, il manque le lien attesté qui nous sera dévoilé par la biographie du P. Dominique dans les Annales Franciscaines.

Père Dominique de Castelnaudary

L’abbé Jean-Baptiste Gouttes[13] (25 janvier 1814 – 25 mars 1890) est ordonné prêtre le 2 juin 1838 et prononce ses vœux solennels le 31 mai 1850[14] devenant, à Marseille, le capucin Père Dominique de Castelnaudary.

En 1851 – donc peu avant son deuxième voyage –, Mgr Massaja réside au couvent des Capucins de la cité phocéenne et partage son désir de voir sa mission affectée à la province des Capucins de France.

Onze ans plus tard, le P. Dominique, élevé à la dignité de premier définiteur[15], soumet le projet à la Propagande de créer « une préfecture apostolique destinée à fonctionner conjointement avec le vicariat; le titulaire de cette préfecture devait être le ministre provincial des Capucins de France; le supérieur des missionnaires qu’il enverrait porterait le titre de vice-préfet : le P. Dominique en fut revêtu, et les PP. Félix de Fiancey et Exupère de Prats-de-Mollo lui furent donnés pour collaborateurs[16] ».

Avant de passer le flambeau au P. Exupère, portons encore un instant l’attention sur le P. Dominique qui prend soin de se renseigner auprès d’Antoine d’Abbadie, qualifié par l’auteur de la biographie de « conseiller-né des missionnaires de ces contrées [Éthiopie], et le seul homme de France qui pût, au départ, leur fournir quelque lumière sur la voie difficile où ils devaient s’engager[17] » qui lui conseille de franchir le seuil par « ‘Obokh ». Pour l’avenir de sa mission, le P. Dominique s’assure la collaboration des Franciscaines de Calais.

Les missionnaires embarquent à Marseille le 19 octobre 1863.

Père Exupère de Prats de Mollo et son témoignage

Le Père Exupère naît à Prats-de-Mollo-la-Preste dans les Pyrénées-Orientales le 10 février 1837 sous le nom de Côme Guiu et meurt à Mazamet dans le Tarn le 20 octobre 1917[18]. Chronologiquement, les deux Exupère auraient donc pu se rencontrer[19].

Côme entre chez les capucins en 1858 et s’adonne rapidement à l’écriture si l’on en croît la liste de ses écrits sur le site français de l’IdRef (Identifiants et Référentiels pour l’enseignement supérieur et la recherche) où seuls ses textes religieux ne figurent, notre Aden ne lui étant pas attribué.

La plus grande surprise est d’y trouver la Méthode de lecture éthiopienne qui n’est pas de cet Exupère-là ! Comme quoi, l’erreur de confondre nos deux pères est humaine… ou numérique.

Le Musée Basque et de l’histoire de Bayonne conserve un portrait du Père Exupère par le peintre José Gonzales de la Peña et l’association de sauvegarde du patrimoine de Prats de Mollo, Velles Pedres i Arrels, publie, quant à elle, des photos.

Père Exupère de Prats de Mollo par le peintre
GONZALES DE LA PEÑA José.

source: Les collections du Musée Basque et de l’histoire de Bayonne – Baionako Euskal Museoa

A gauche le P. Exupère de Prats de Mollo à 26 ans, l’année de son départ pour Aden.

Source: Velles Pedres i Arrels

Le témoignage du Père Exupère consiste en un recueil de sept lettres édité par Alfred Mame et fils en 1871 et intitulé Aden et le Golfe d’Aden, lettres du R.P. Exupère de Prats de Mollo. Le tableau ci-dessous en donne une vue d’ensemble.

Lettre 127 octobre 1863Rade de Suez, à bord de l’Impératrice.À l’abbé Paul Domenech.
Lettre 2Veille de Toussaint 1863À bord de l’Impératrice.Aux religieuses du monastère de Sainte-Claire de Perpignan.
Lettre 317 novembre 1863Aden.À un ami.
Lettre 4Novembre 1863Aden.À un ami.
Lettre 520 décembre 1863Aden.À son père.
Lettre 618 mars 1863Aden.À un ami.
Lettre 7Avril 1864Aden.À un ami.
Tableau des sept lettres de Père Exupère de Prats de Mollo

On sait désormais que le Père Exupère quitte Marseille le 19 octobre 1863. Il précise qu’il embarque sur le Péluse[20] jusqu’à Alexandrie – un vapeur de 75 mètres de long, bruyant, malodorant, qui arrose de suie les voyageurs – et sur l’Impératrice depuis Suez. Peut-on se faire une opinion de l’homme quand du haut de ses 26 ans, capucin depuis 5 ans, on l’entend dire : « demain, nous serons en face de l’Abyssinie, le pays que nous allons labourer à la sueur de notre front, pour y semer la parole divine, afin que de nouveaux membres soient ajoutés au corps mystique de Jésus-Christ, et que nous-mêmes nous soyons de plus en plus ses amis, ses enfants bien-aimés[21] » ? Dans tous les cas, il donne une idée du type de recrutement …

Notre Pratéen découvre Aden le vendredi après la Toussaint – le 6 novembre 1863 si notre copain à tous dit vrai – qui ne le laisse pas indifférent :

« un entonnoir en rochers ; au milieu de cet entonnoir, une ville dont les maisons sont construites à l’orientale, […] sans toit ni cheminées, et qui semble petite, mais qui contient pourtant 30’000 habitants, Arabes, Anglais, Indiens, Parses, Somalis, etc.[22] »

et ajoute :

« à l’Orient Aden, au couchant Steamer-Point ; entre les deux, comme un trait d’union, un amas de huttes de bambou, sous lesquelles s’abritent, ou plutôt étouffent, cinq ou six mille Somalis ».

Selon lui :

« Steamer-Point existe pour deux raisons. La petite anse d’Aden, par suite des variations continuelles que subit le fond de la mer Rouge, n’est plus abordable, tandis qu’à Steamer-Point il y a une rade qui serait assez belle si elle était un peu plus profonde, mais qui, telle quelle, est encore convenable. De plus, le moindre vent, qui d’aventure fait rider la face de l’eau va rafraîchir Steamer-Point, qui est entièrement découvert du côté de la mer. C’est là que beaucoup d’Européens ont élu domicile[23] ».

En guise de conclusion sur sa première impression d’Aden, retenons ces mots :

« tout ce qui pousse dans ce pays ne serait pas suffisant pour entretenir une chèvre[24] ».

Le Père Dominique – que l’auteur ou l’éditeur dissimule sous l’abréviation R. P. D*** – doit organiser le passage sur la côte africaine et l’itinéraire pour rejoindre la mission dans des conditions peu favorables. Selon le Père Exupère, « trois, ou quatre, ou six journées de marche suffiront […] pour parvenir aux pays des Gallas[25] ». Les missionnaires ne parlent « ni l’arabe, ni le somali, ni aucune des langues qui se parlent sur la côte de l’Afrique[26] ». De la procure de la mission des Gallas, le Père Gabriel les avertit par courrier en qualifiant l’entrée par Massaouah d’absurdité, la route de Zeyla ou de Berbérah une utopie et conclut en déclarant que rejoindre la mission est tout bonnement impossible. Ajoutés à ces renseignements ceux d’Antoine d’Abbadie, de Massaja et du contre-amiral Delangle, l’expédition est loin d’être une sinécure.

M. des Pallières, vice-consul de France à Aden, met à disposition du Père Dominique un de ses serviteurs dénommé Ismael qui nolise un boutre appartenant au célèbre Abou-Bekr. Le 17 novembre, le vent arrière les mène à Zeyla en vingt-deux heures[27]. Le 19, Dini les accompagne chez le Sultan, à Tadjoura puis chez son frère, Abou Bekr. Une excursion à Obock leur fait découvrir le territoire inexploité par la France et occupé par « une famille de Bédouins[28] ».

À leur retour à Aden, le Père Dominique décide de retourner en France « afin d’hâter l’occupation d’Obock par le gouvernement, ou du moins d’y faire établir un comptoir par quelque maison de commerce[29] », selon le P. Exupère. En attendant son retour, ce dernier tâche d’apprendre l’arabe et le somali pour devenir autonome.

« Au lieu de parler de pluie, qui ne tombe jamais et du beau temps, qui devient ennuyeux à force d’être continuel[30] », il couche ses réflexions et ses observations. On ne relèvera que les descriptions d’Aden et de l’accoutrement des Adenais. Au détour d’une phrase, le Père Exupère se confie : « Au fait, c’est un peu singulier de remplir une lettre que l’on écrit si loin, si loin de son ami, de réflexions quelconques qui viennent là avec ou sans à-propos. C’est peut-être la faute de mon odyssée, qui, se trouvant peu remplie d’aventure dont le récit mérite de passer la mer, me laisse le temps à dépenser en rêveries inutiles[31] ».

En avril 1864, date de la septième et dernière lettre publiée, le P. Exupère et son compagnon le P. Félix de Fiancey (Père F***) sont à Aden, au moins jusqu’au mois d’octobre, dans l’attente d’un nouvel ordre.

De son côté, le P. Dominique cherche à rencontrer Mgr Massaja, de passage en Europe.

« Quel sera le résultat de l’entrevue ? qui le sait ? Monseigneur nous fait espérer qu’il reviendra lui-même nous conduire dans la mission. En attendant, dit-il [Massaja aux missionnaires], vous aurez un assez douloureux noviciat à subir dans ces côtes brûlées de la mer Rouge ; mais vous pourrez vous consoler en pensant que ce même noviciat a durée pour moi six ans, après lesquels seulement j’ai pu entrer dans ma mission ; or il sera bien moins long pour vous[32] ».

Fin de parcours

Le biographe du P. Dominique ne s’aventure pas à faire le bilan du voyage, rejetant la responsabilité sur le gouvernement français : « […] dans les ministères, les choses ne vont pas avec rapidité : ce fut seulement au cours de plusieurs années que la France planta définitivement son drapeau à ‘Obokh. A son ombre, nos missionnaires ont formé l’établissement désiré[33] ».

Après un séjour de quelques mois à Aden et en Egypte, les PP. Felix et Exupère sont rappelés en France[34].

Au couvent des Capucins de Versailles, le P. Dominique rencontre Mgr Massaja. L’année suivante, le 21 juillet 1865, le P. Dominique devient préfet apostolique de la mission des Galla ; le R. P. Taurin d’Heubecourt accepte la vice-préfecture et prévoit de se rendre dans la mission avec le vicaire apostolique.

Ainsi se termine une entreprise missionnaire qui, aux yeux d’éthiopisants modernes, était immanquablement vouée à l’échec. Elle met en valeur la détermination d’un Massaja et de certains voyageurs contemporains qui ont parfois payé cher leur acharnement. Elle montre également comment l’Éthiopie est parvenue à maîtriser toutes les influences, pour ne pas dire occupations, qu’elles soient d’ordre religieux, militaire ou économique. Le circonvoisinage y a grandement contribué.

Biblethiophile, 05.09.2026


[1] Organisé à l’auditorium de l’Inalco par Delombera Negga, Margaux Herman, Ronny Meyer et Serge Dewel.

[2] Communication non publiée à ce jour.

[3] Communication privée du 13.04.2025

[4] Ibid.

[5] BERGER (Marie-Claude), « Antoine d’Abbadie et l’Église Catholique », Antoine d’Abbadie, 1897-1997 : congrès internacional / Eusko Ikaskuntza. Ezohiko Kongresua Euskaltzaindia. XIV. Biltzarra, p. 18.

[6] Ibid., p. 18.

[7] Préfet apostolique : on appelle ainsi le chef de mission sans caractère épiscopal qui ne peut donc pas conférer la prêtrise. Cf. ANDRÉ (Mgr), CONDIS (Abbé), WAGNER (Chanoine J.), Dictionnaire de droit canonique […], Hippolyte Walzer, Paris, 1894, t.3, p. 232.

[8] BERGER, op. cit., p. 19.

[9] Vicaire apostolique : contrairement au préfet apostolique, le vicaire apostolique a les pouvoirs d’un évêque dans un territoire où le siège épiscopal est vacant ou dans un pays infidèle. Cf. ANDRÉ (Mgr), CONDIS (Abbé), WAGNER (Chanoine J.), Dictionnaire de droit canonique […], Hippolyte Walzer, Paris, 1894, t.3, p. 687.

[10] Évêque in partibus ou in partibus infidelium. « Le premier usage de l’Église a toujours été de ne point ordonner d’évêque sans un territoire à gouverner. Depuis les croisades et les conquêtes de l’Orient par les croisés […], on vit […] plus que jamais des évêques sans église particulière ; on continua d’en ordonner sous les titres des diocèses que les Turcs avaient repris. Le 27 février 1882, la Propagande a remplacé la qualification d’évêques in partibus infidelium par celle d’évêques titulaires (episcopi titulares) ». Cf. ANDRÉ (Mgr), CONDIS (Abbé), WAGNER (Chanoine J.), Dictionnaire de droit canonique […], Hippolyte Walzer, Paris, 1894, t.2, p. 153.

[11] MASSAJA (Guglielmo), ROSSO (Antonio, a cura di), Memorie storiche del vicariato apostolico dei Galla 1845-1880, p. IX.

[12] COZZANI (Ettore), La vita di Guglielmo Massaia, en queue du premier volume.

[13]APOLLINIAIRE DE VALENCE (F. capucin), « Le T. R. P. Dominique de Castelnaudary », Annales Franciscaines, tome dix-septième, trentième et trente-et-unième années, septembre 1890 à août 1892, Librairie Charles Poussielgue, Paris, 1892, p. 32.

[14] Ibid., p. 86

[15] Le définiteur est un religieux – ici de l’ordre de S. François – choisi pour former un chapitre appelé définitoire où se règlent et se terminent les plus importantes affaires de l’ordre. ANDRÉ, Dictionnaire […], op. cit., tome 1, p. 608.

[16] APOLLINIAIRE DE VALENCE, op. cit., p. 225.

[17] Ibid.

[18] IdRef – Identifiants et Référentiels pour l’ESR, consulté le 21.08.2026.

[19] Selon les notes d’Alain Rouaud communiquées le 11.05.2025, le couvent de Clarisses de Mazamet semble avoir été un lieu de convergence, non pas seulement des deux Exupère, mais également de la famille Rincon Gallardo et de Mgr Jarosseau. En quel honneur Alberto a-t-il pris le nom de religion d’Exupère ? Exupère de Prats de Mollo ou le saint évêque de Toulouse ? Des interrogations qui mériteront une enquête à part entière.

[20] EXUPÈRE DE PRATS DE MOLLO, Aden et le golfe d’Aden, p. 25.

[21] Ibid., p. 28.

[22] Ibid., p. 29. Il précise plus loin qu’Aden n’avait que 1500 âmes en 1839 quand les Britanniques débarquèrent. Le Δ est l’œuvre négligée d’un homme abandonné par son gouvernement, Stafford Bettesworth Haines.

[23] Ibid., p. 36.

[24] Ibid., p. 36.

[25] Ibid., p. 32.

[26] Ibid., p. 33.

[27] Ibid., p. 87.

[28] Ibid., p. 138.

[29] Ibid., p. 148.

[30] Ibid., p. 54.

[31] Ibid., p. 67.

[32] Ibid., p. 165.

[33] APOLLINIAIRE DE VALENCE, op. cit., p. 226.

[34] Ibid., p. 226