De 1896 à 1913

Karawanen-Reisen. Erlebnisse eines deutschen Kaufmanns in Aegypten, Mesopotamien, Persien und Abessinien.

BOSCH (Carl) ↗ 1905 (01) ↘ 1905 (05) ↗ 1907 (01) ↘ 1907 (07)

Édition

Éditeur : Scherl

Lieu : Berlin

Année : 1928

Langue : allemand

Références

Réf. Biblethiophile : 004895

Réf. Pankhurst Partie : manque

Réf. UGS : 0190501

Première entrée : 1905

Sortie définitive : 1907

COLLATION :

243 S. Mit 53 Abbildungen und 1 Karte. OLwd mit OU. Frisches Exemplar.

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En 1928, l’entrepreneur et conseiller allemand Carl Bosch (1851-1937) couche sur papier le souvenir de son séjour en Egypte (1880-1889), son voyage en Mésopotamie et en Perse (1903, 5 mois), sa participation à l’ambassade de Guillaume II auprès de Ménélik II (1905, 5 mois)[1] et son dernier séjour en Éthiopie (1907, 6 mois). Sous le titre Karawanen-Reisen. Erlebnisse eines deutschen Kaufmanns in Aegypten, Mesopotamien, Persien und Abessinien, le mémoire de Bosch n’a pas éveillé la curiosité des études éthiopiennes qui se sont contentées du récit officiel de Felix Rosen, Eine deutsche Gesandtschaft in Abessinien et du témoignage de Hans Vollbrecht, Im Reiche des Negus Negesti Menelik II.



Le 1er mars 1896, à Adoua, la victoire du negusä nägäst Ménélik II sur l’armée italienne sonne le glas de toutes les politiques des puissances coloniales nourrissant quelque prétention sur la Corne de l’Afrique. Leurs réactions ne vont pas se faire attendre.

Désormais hors course, l’Italie n’a d’autres choix que d’accepter le traité de paix avec le vainqueur (Narazzini, 26 octobre 1896). La France signe une convention (Lagarde, 20 mars 1897) ; la Grande-Bretagne et les USA, un traité (respectivement, Rodd, 11 mai 1897 & Skinner, 27 décembre 1897).

La Russie, quant à elle, ne parvient pas à en faire autant malgré tous les efforts de Lishin depuis 1902.

L’empereur allemand Guillaume II, lui, ne s’en préoccupe qu’à la fin de l’année 1904 et se résigne à envoyer une ambassade extraordinaire comprenant :

  • Dr Friedrich Rosen[2] (Envoyé extraordinaire)
  • Carl Bosch (Conseiller du commerce)
  • Pr Felix Rosen[3]
  • J. Flemming (Bibliothécaire en chef)
  • H. Vollbrecht (Oberstabarzt : Médecin de l’armée prussienne)
  • G. Becker (Secrétaire privé)
  • Graf Victor von Eulenburg (Secrétaire de légation)
  • E. Schüler (Vice-consul)

ainsi qu’une escorte de neuf personnes, un sergent et des artisans de divers métiers : sellier, serrurier, menuisier, forgeron, tailleur, boulanger, etc. On appréciera le pragmatisme de la mission allemande qui, connaissant Ménélik, n’a pas dû lui échapper.

Tout ce beau monde débarque le 6 janvier 1905 à Djibouti pour monter dans le train spécial qui les transporte à Dire-Daoua. Dans cette nouvelle ville, Bosch rencontre le Suisse Jean-Adolphe Michel[4], le célèbre directeur du service postal impérial (l’Éthiopie ne rentre dans l’Union Postale Universelle que le 1er novembre 1908). Il passe d’ailleurs la nuit chez lui et fait la connaissance de la maîtresse de maison, une Suisse romande, domptrice à temps perdu. Un lion, deux lionnes, deux hyènes, un sanglier, un chacal, deux civettes, six singes, trois autruches et six dogues sont, comme Bosch, hébergés par Michel. Croyant avoir été dérangé dans son sommeil par un dogue, Bosch ne s’alarme pas jusqu’au matin lorsque le postier lui annonce qu’une lionne a pris la poudre d’escampette pendant la nuit.

Le maître des lieux, le ras Makonnen, est auprès de Ménélik. L’ambassade fait la connaissance de son fils Tafari avant de reprendre la route vers Addis Abéba qu’elle atteint le 12 février. Alfred Ilg endosse le rôle de traducteur pour permettre à Ménélik de recevoir dignement la mission allemande. Parmi les présents destinés à l’empereur se trouve un camion Daimler qui n’a malheureusement pas supporté les chemins caillouteux entre Djibouti et la capitale éthiopienne.

Le 7 mars, Ménélik signe le traité de commerce soumis par Rosen, juste avant de passer au suivant, à savoir celui de Ludwig von Höhnel[5], l’envoyé de l’empereur austro-hongrois François‑Joseph Ier.

Contre toute attente, Rosen et ses compagnons ne retournent pas par Djibouti mais vont embarquer à Massawa le 9 mai 1905, forts des souvenirs impérissables de la traversée Nil bleu, des vues du lac Tana et de la découverte des villes de Gondar, Axoum, Adua et Asmara.

L’arrivée au mois d’octobre 1905 d’Enno Littmann au Tigré[6] n’a rien à devoir à Friedrich Rosen mais à l’athlète américain double champion olympique, banquier et collectionneurs de manuscrits anciens, Robert Garrett. Par contre, l’orientaliste Rosen n’est certainement pas étranger à la mise sur pied de l’expédition allemande d’Axum qui, en moins de quatre mois, du 12 janvier au 5 avril 1906, réalise une enquête archéologique exceptionnelle sous la direction d’un Littmann récupéré en Éthiopie à point nommé. La quantité, autant que la qualité du matériel récolté est prodigieuse. Preuve en est la publication Deutsche Aksum Expedition publiée en 1913, à e jour encore utile aux études éthiopiennes.

Si Rosen peut légitimement se montrer fier de sa contribution, Bosch ne saurait s’en prévaloir dans les mêmes termes. 

En 1906, par l’entremise d’un messager, Ménélik demande à Bosch de lui envoyer des personnes ressources, ce que l’entrepreneur s’empresse d’exaucer en envoyant un commerçant, un architecte, un enseignant en agriculture et son épouse, un institutrice, une sage-femme, un peintre, un serrurier, un menuisier, un charron et tout le matériel leur étant nécessaire (800 caisses). Le succès de l’entreprise n’est pas au rendez-vous, une partie des acteurs s’en retournant au pays en raison des difficultés d’intégration et du faible niveau de vie. Parmi ceux qui restent s’illustre l’architecte Carl Haertel, le bâtisseur du mausolée de Ménélik, inauguré en 1927[7].

En décembre 1906, un deuxième messager transmet à Bosch l’invitation de l’Empereur à lui rendre visite pour discuter des questions économiques. Avec l’accord de son gouvernement, Bosch emmène le fils d’une de ses connaissances, le Dr Kurt Herzbruch[8], débarque à Djibouti le 29 janvier 1907 et atteint la capitale le 3 mars. Au cours d’un des entretiens avec Ménélik, la question de la concession ferroviaire de Dire-Daoua à Addis-Abéba est proposée à Bosch qui devra la soumettre à son gouvernement.

D’Addis Abéba le 17 juin, par Djibouti le 8 juillet, Bosch se dépêche d’apporter la lettre de Ménélik II à Guillaume II et se réjouit des propositions qu’il apporte. La réponse du souverain ou plus tôt l’absence de réponse déçoit profondément Carl Bosch. En dernier recours, en 1911, il tente de créer une société d’import-export qui ne voit pas le jour suite à la dégradation de l’état de santé de Ménélik.

Un rendez-vous finalement manqué mais des intentions et un parcours assurément hors du commun. Les jalons plantés par Bosch et ses compagnons ont préparé le terrain à la plus prolifique des expéditions scientifiques du début du XXe siècle en Éthiopie.

Biblethiophile, 11.04.2026

Présentation par l’éditeur

Ein bekannter Großkaufmann legt in diesem Buche seine reichen Erfahrungen und Erlebnisse im Orient nieder. Er schildert zunächst den Aufstieg eines deutschen Auslandskaufmannes. Wenig bemittelt kam er nach Ägypten, aber kühn in seinen Plänen, erfolgreich in ihrer Ausführung wird er schließlich ein Exporteur von internationalem Ruf. Geschätzt als guter Kenner des Orients, folgt er 1901 gern der Einladung zur Teilnahme an einer wirtschaftlichen Studienreise durch Mesopotamien und Persien, die reich an Gefahren, aber auch an Begegnungen mit interessanten Persönlichkeiten und an wirtschaftlichen Aufschlüssen ist. Fast noch fesselnder sind die Berichte über zwei Reisen nach Abessinien. Die erste machte der Verfasser als wirtschaftlicher Beirat einer Sondergesandschaft des deutschen Reiches, die zweite im besonderen Auftrage des Kaisers Menelik. Eingehend schildert er dabei die offiziellen Empfänge und Feste und die diplomatischen Verhandlungen. Leider fanden die wirtschaftlichen Anregungen dieses erfahrenen Kaufmannes, dem das besondere Vertrauen des abessinischen Kaisers gehörte, kein Gehör bei den deutschen offiziellen Stellen. Die beigegebenen Bilder geben hochinteressante Reiseaufnahmen des Verfassers wieder.


[1] Carl Bosch n’a pas eu droit à son article dans l’Encyclopaedia Aethiopica. Sa biographie semble faire défaut. L’article de Martin Schultz « Abu Makina – der Vater der Maschine. Carl Bosch und die fotografische Dokumentation seiner diplomatischen Reisen 1903-1907 » est par conséquent bienvenu.

[2] Orientaliste, diplomate et homme politique, frère de Felix, voir Friedrich Rosen (Politiker), Wikipedia, consultée le 09.04.2026.

[3] Botaniste, frère de Friedrich, Rosen, Felix (1863-1925), Wikipedia, consultée le 09.04.2026.

[4] LINDHAL (Ulf J.), « Postal system », EAe, t.4, p. 189. Lindhal est sans conteste le meilleur connaisseur de Jean-Adolphe Michel comme le prouve ses nombreuses publications dans le Menelik’s Journal, l’incontournable périodique de l’Ethiopian Philatelic Society (EPS).

[5] De 1887 à 1888, le Hongrois Samuel Teleki explore le nord du Kenya accompagné de l’officier de marine autrichien Ludwig von Höhnel. On leur doit la découverte du « lac Rudolph » (lac Turkana) et du « lac Stéphanie » (lac Chew Bahir ). Höhnel rend compte de l’expédition dans Zum Rudolph-See und Stephanie-See. Die Forschungsreise des Grafen Samuel Teleki in Ost-Äquatorial-Afrika 1887 – 1888. Sa mission auprès de Ménélik occupe le 10e chapitre de ses mémoires publiées en 1926 Mein Leben zur See, auf Forschungsreisen und bei Hofe Erinnerungen eines österreichischen Seeoffiziers (1857-1909).

[6] Voir le fruit de son enquête de terrain Publications of the Princeton Expedition to Abyssinia.

[7] SMIDT (Wolbert), « Germany, relation with », EAe, t.2, p. 770b.

[8] voir son témoigne : HERZBRUCH (Kurt), Abessinien. Eine Reise zum Hofe Kaiser Meneliks II.