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Henry de Monfreid

 

 

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Description

Le journaliste Daniel Grandclément nous offre une biographie qui dépeint plus précisément la vie d’Henry de Monfreid que ce dernier ne le fait dans ces nombreux ouvrages. Ses récits suivent une chronologie que les documents ne confirment pas et parfois se contredisent.

Il serait trop prétentieux de résumer en quelques lignes qui était Henry de Monfreid et comment il a vécu. En ce qui concerne le lien qu’il a noué avec l’Ethiopie, il paraît utile de lister quelques repères chronologiques sans prétendre relever tous les allers-retours qu’il a effectués entre la Corne de l’Afrique et la France.

1911- août :                Il est engagé par le négociant Guigniony.

1913-25 mai :              Il rentre en France pour développer son commerce de perles.

-10 août :            Mariage avec Armgart.

-14 octobre :       Djibouti. Première mention d’une appartenance à la franc-maçonnerie.

-20 novembre :    Premier grand voyage de perles. Il entreprend la rédaction d’un journal de bord.

1914-mars :                Voyage éclair en France.

-mai :                  Il se convertit à l’Islam à son retour à Djibouti.

-décembre :        Emprisonné pour trafic d’armes

1915-7 avril :               Départ de Djibouti pour la France. Il est réformé.

-juin :                  Djibouti avec l’intention de se lancer dans le trafic de hachich.

-novembre :        îles Farsan pour le commerce de perles.

1916-mars :                France et séjour à Londres sans en expliquer les raisons.

-fin mars :            Massawa et îles Farsan.

-décembre :        Armgart, son épouse, s’installe à Obock.

1917-21 avril :             A Aden, il met à l’eau son tout nouveau bateau qui est réquisitionné par les Anglais.

-8 août :              Trop contestataire, il est expulsé d’Aden.

-août :                 Armgart reçoit une lettre d’Arnold Holtz, son cousin.

1918 ca :                     Construction du Ibn El-Bahar à Obock avec du bois provenant d’Ethiopie (100 km d’Addis Abéba).

1919-27 juin :             Le Ibn El-Bahar s’échoue.

1921 ca :                     Construction de l’Altaïr à Obock.

-8 septembre :    l’Altaïr mouille à Bombay. Trafic de hachich.

1922-18 septembre :  Cachemir. Grosse opération dans le trafic de hachich.

1923-été :                   France.

-fin d’année :       Probablement de retour dans la Corne de l’Afrique. La famille vit entre Obock et Araoué, près d’Harrar.

1926-mai :                  Connaissance de Pierre Teilhard de Chardin et par son intermédiaire Paul Vaillant-Couturier, rédacteur en chef de l’Humanité et époux d’Ida Treat.

1926-16 août :            Henry de Monfreid tue Joseph Heybou.

(1928-1er décembre) : Selon Grandclément, il est incarcéré pour trafic de morphine et cocaïne. La date est sujette à caution en raison de l’anachronisme des pages 259 et 264.

1929 :                         Ida Treat décide d’écrire un livre et se rend à Djibouti pour s’imprégner de l’atmosphère générale dans laquelle vit Henry de Monfreid. Le quotidien Le Matin s’adresse à Monfreid pour préparer un reportage sur la traite des esclaves qui est finalement confié à Joseph Kessel. La rencontre entre les Monfreid et Kessel réussit.

1930 :                         Sortie du livre d’Ida Treat : La croisière secrète.

-février :              La mission de reportage dirigée par Kessel est à Djibouti.

-avril :                  La mission de Kessel prend fin.

-septembre :       Ida Treat publie à Londres Pearls Arms and Hashish. Pages From The Life of a Red Sea Navigator, Henri Monfried.

1931-14 août :            Monfreid signe chez Gallimard le contrat pour la publication de son premier ouvrage qui portera finalement le titre : Secret de la mer Rouge.

1933 :                         Publication de Vers les terres hostiles de l’Ethiopie. L’ouvrage rappelle que l’esclavage n’est toujours pas aboli dans l’empire éthiopien, ce qui déplaît à Hailé Sélassié

-15 mai :              Monfreid est expulsé d’Ethiopie. Il passe la majeure partie de son temps en France et se lance dans le journalisme. Contraint à l’exil, sans recours, il s’ouvre aux idées expansionnistes des Fascistes italiens.

1934-1935 :                Succès journalistique. Tournées de conférences. Il rencontre Mussolini à Rome.

1935-juillet :               Rome et départ pour Mogadiscio.

-3 octobre :         L’Italie déclare la guerre à l’Ethiopie.

1936 :                        Monfreid est de retour dans une Ethiopie orpheline de son empereur. Il alterne les conférences en Europe et l’écriture à Araoué.

1938-29 juillet :          Armgart meurt.

1940-10 juin :             L’Italie déclenche les hostilités. Évacuation des Français d’Ethiopie. Monfreid refuse de quitter le pays. Il est accusé d’intelligence avec l’ennemi.

1941-avril :                 Les Anglais, aidés par les Français Libres investissent l’Ethiopie.

1942-mai :                  Il est déporté au Kenya.

1943-mai :                  Libéré, il reste au Kenya.

1945-2 décembre :     Il souhaite rentrer en France.

1947-20 août :            Retour en France.

1974-13 décembre :   Monfreid meurt à Ingrandes

L’Encyclopaedia aethiopica a réservé un article à Henry de Monfreid qu’Alain Gascon s’est chargé de rédiger.

Biblethiophile, 23.08.2020

Sa vie, Henry de Monfreid l’a contée au fil de ses quelque «soixante-treize romans. Mais, prudence ou pudeur, la fiction se révèle pâlotte au regard de la vérité d’une incroyable existence. A l’aide d’une correspondance monumentale (plus de deux mille lettres), des témoignages des survivants, en épluchant les fiches des diverses polices qui se sont, un jour ou l’autre, intéressées à lui, et, bien sûr, en analysant son œuvre, Daniel Grandclément nous donne à voir un personnage époustouflant et méconnu, à mille coudées au-dessus de l’image du pirate qu’il avait lui-même accréditée.

Le lecteur des Secrets de la mer Rouge n’ignore rien des ruses de Monfreid pour camoufler des cargaisons de hachich. Il ne savait pas que ce gentleman-trafiquant avait le père Teilhard de Chardin pour ami, et Daniel Grandclément lui apprendra comment le bon jésuite entreprit de convaincre Paul Vaillant-Couturier d’aider son protégé à se rendre au Turkestan où il devait trouver meilleure « marchandise »…

Fascinant aventurier qui, à soixante-dix ans, approvisionne toujours quelques salons parisiens en substances vénéneuses et dont le nom même est le résultat d’un petit trafic, monté par une grand-mère intrépide… Daniel Grandclément nous restitue en vraie grandeur dans sa vie familiale, dans ses petites turpitudes, dans ses grands desseins et dans tout son talent cet « écrivain-corsaire » qui, encouragé par Kessel, a composé une œuvre digne de la meilleure littérature.

Daniel Grandclément est journaliste. Il est aussi l’auteur d’un portrait filmé d’Henry de Monfreid. Pour écrire cette biographie, Daniel Grandclément, grand voyageur et navigateur a, pendant des années, suivi au plus près le sillage de Monfreid.

Source : 4ème de couverture, Daniel Grandclément, L’incroyable HENRY DE MONFREID, Nouvelle édition préfacée et mise à jour, Grasset, 1998.