James Alfred Dennison

↗ 1875 (09) ↘ 1876 (05)

À l’âge de 19 ans déjà James Alfred Dennison (1846-1900) est un vétéran de la guerre de Sécession américaine (12 avril 1861 – 26 mai 1865). Après sa formation à la faculté de droit d’Albany, le retour à un service actif dans l’armée se fait plus fort et il rejoint, en 1874, les officiers américains engagés par le khédive Ismaïl Pacha pour réorganiser l’armée égyptienne[1]. Au tout début de l’année suivante, il est nommé major du génie et à l’été se retrouve engagé dans le corps expéditionnaire égyptien commandé par le colonel danois Søren Adolf Arendrup.

Le vice-roi passe en effet à la phase de réalisation de son plan d’encerclement de l’Éthiopie par quatre ports stratégiques : Kismayu, Zeyla, Tadjoura et Massaoua[2]. En septembre 1875, Arendrup débarque à Massaoua et marche jusqu’au Mareb ; sans rencontrer grand’résistance, certes, mais en prenant le risque de diviser ses forces. Or, le 15 novembre, à Gundet, l’armée d’aṣé Yohannes franchit le fleuve à l’aube et anéantit l’armée égyptienne, jonchant le champs de bataille de milliers de corps parmi lesquels celui du commandant, du comte Wilhelm de Zichy et du gouverneur de Massaoua, Arakel Bey. Les deux majors restés en arrière-garde, James Alfred Dennison et le Suisse Durholz, sont quittes pour une belle frayeur[3]. La débâcle est cependant totale.

En décembre 1875, le khédive Ismaïl Pacha met tous ses espoirs dans le débarquement des 11’000 hommes qu’il a confiés à Muhammad Ratib Pacha, le commandant en chef de l’armée khédiviale[4], un officier turco-circassien[5] connu pour « sa méfiance et sa jalousie envers les étrangers, son auto-suffisance et son obstination » [6]. Les deux majors, vétérans de la bataille de Gundet sont enrôlés et subissent la deuxième défaite successive de l’armée égyptienne, à Gura, les 7,8 et 9 mars 1876.

Selon Dye, tous les officiers de l’état-major – pour la plupart étrangers – sont empêchés de retourner au Caire et confinés à Massaoua. Dye embarque pour Suez au mois de mai. Dennison en fait probablement autant et ne s’éterniser pas en Egypte puisque le 1er janvier 1877, il entre comme associé dans le cabinet de son beau-père, renommé Dudley, Dennison & Dudley, Johnstown, New York[7].

Biblethiophile, 23.10.2026


[1] SAVAGE (Richard Henry), « JAMES ALFRED DENNISON », Thirty-second Annual Reunion of the Association of the Graduates of the United States Military Academy at West Point, New York, June 8th, 1901, pp. 44–48. Savage et Dennison ont passé deux années communes à l’Académie militaire de West Point. Savage est au service du Khédive pendant ca une année 1871-1872, soit deux ans avant l’arrivée de son camarade Dennison. Il prétend avoir rencontré Arendrop avant son retour aux États-Unis. Bien que l’officier ne soit libéré de l’armée danoise officiellement qu’en 1874, dès 1868, il séjourne à plusieurs reprises en Égypte pour des raisons de santé. Il y fait la connaissance des officiers étrangers que le Khédive a engagés pour réorganiser l’armée égyptienne.

[2] RUBENSON (Sven), The Survival of Ethiopian Independence, p. 316, cf. carte n° 5.

[3] DOUIN (Georges), « Arakel bey, gouverneur de Massawa (1874-1875) », Bulletin de l’Institut d’Egypte, tome 22, fascicule 2, 1939, p. 258.

[4] DYE (William McE[ntyre]), Moslem Egypt and Christian Abyssinia; or Military Service under the Khedive, in his Provinces and beyond their Borders, as experienced by the American Staff, Atkin & Prout, p. 151.

[5] ERLICH (Haggai), « Muḥammad Rātib », EAe, t.3, p. 1055.

[6] DYE, Moslem […], op. cit., p. 152.

[7] Hudson-Mohawk Genealogical and Family Memoirs: Dudley, The Schenectady Digital History Archive, consulté le 23.10.2026.