De 1868 à 1885

Voyage de l’Arabie Heureuse, par l’Océan Oriental, & le Détroit de la Mer Rouge…avec la Relation Particulière d’un voyage de Port de Moka à la Cour du Roi d’Yemen… Un Mémoire concernant l’Arbre & le Fruit du Café…

LA ROQUE (Jean de) [Godefroy Gollet de La Merveille] ↗ 1708 (Yemen) ↘ 1710 ↗ 1711 (Yemen) ↘ 1713

Voyage de l'Arabie Heureuse, par l'Océan Oriental, & le Détroit de la Mer Rouge...avec la Relation Particulière d'un voyage de Port de Moka à la Cour du Roi d'Yemen... Un Mémoire concernant l'Arbre & le Fruit du Café...

Édition

Éditeur : Steenhouwer & Uytwerf

Lieu : Paris

Année : 1716

Langue : français

Édition : deuxième

Description

État du document : bon

Reliure : rigide

Références

Réf. Biblethiophile : 004860

Réf. UGS : 0170800

Première entrée : 1708

Sorties temporaires : 1710

Entrées successives : 1711

Sortie définitive : 1713

COLLATION :

In-12, (8) ff. dont frontispice, 343-(10) pp., une carte dépliante et 3 planches, vélin ivoire de l'époque, dos lisse, titre manuscrit au dos (rousseurs et brunissures). Édition originale d’Amsterdam parue la même année de la seconde édition de Paris. L'illustration se compose de 5 gravures sur cuivre dont un frontispice, une carte dépliante “Royaume d’Yemen” et de 3 planches dépliantes montrant les arbres et les feuilles du Café de la région.

En savoir plus

Voyage

de

l’Arabie Heureuse,

Par l’Ocean Oriental, & le Détroit de la Mer

Rouge. Fait par les François pour la premiere

Fois, dans les années 1708, 1709 & 1710.

Avec

La Relation particuliere d’un Voyage du Port de

Moka à la Cour du Roi d’Yemen, dans la seconde

Expedition des années 1711, 1712 & 1713.

Un Mémoire concernant l’Arbre & le Fruit du CAFE,

Dressé sur les Observations de ceux qui ont fait ce dernier

Voyage. Et un Traité historique de l’origine & du pro-

grès du Café, tant dans l’Asie que dans l’Europe ; de son

introduction en France, & de l’établissement de son usage

à Paris.

La meilleure étude abordant le récit de La Roque est celle de Didier Morin « La première expédition malouine à Mokha : l’escale manquée de Tadjoura (29-30 décembre 1708) » parue dans le Pount[1]. Quand bien même son sujet est davantage Tadjoura, elle est édifiante. Le propos de ce billet n’est pas le port afar et l’escale présumée de la première expédition mais plutôt de relever quelques éléments déterminants permettant d’évaluer le récit.

Jean de La Roque (1661, Marseille – 1745, Paris) n’a pas fait partie de l’expédition malouine à Mokha. Morin précise que « les cinq chapitres du Voyage de La Roque prennent la forme de lettre rédigées sur la base de celles que le capitaine de La Merveille lui aurait écrites », le conditionnel s’imposant puisque les originaux de ces lettres sont perdus.

À propos des sources, le chercheur a recours aux documents de première main suivants :

  1. Voyage du Diligent et du Curieux à Mokha, journaux de bord, [Archives Nationales, cote MAR/4JJ/88 ; respectivement cités JD et JC].
  2. Relation ou Journal de navigation du voyage de Mocca en Arabie sur la mer Rouge par le sieur de la Merveille, dans le vaisseau « Le Curieux » pendant les années 1708, 1709 et 1710. Joint à la lettre de M. Lempereur, ordonnateur à Saint-Malo, du 10 septembre 1710, [Archives Nationales, cote MAR/B/4/35 folio 41-51].
  3. Journal du voyage à Mokha de François Le Saulnier (6 février 1708 – 23 août 1709), [manuscrit remis en 1994 par un Malouin à Jean-Pierre Brown, conservateur des bibliothèques de Saint-Malo].

Dans son récit, La Roque ne nomme pas son informateur, La Merveille. Morin nous apprend que Godefroy Gollet de La Merveille est en réalité le directeur commercial de l’expédition et que le vaisseau amiral est de bout en bout de la première expédition le Diligent, commandé par Julien de Champloret Lebrun. Quant au Curieux, il est commandé par le corsaire irlandais Philippe Walsh qui perd la vie au cours du voyage, suivie de celle de ses deux successeurs. C’est ce concours de circonstances qui amènera La Merveille à se présenter comme le commandant du Curieux et de l’expédition.

François Le Seaunier embarque sur Le Curieux et occupe vraisemblablement le poste de navigateur timonier. Son témoignage de première main contraste avec le récit de La Roque qui s’appuie sur de la Merveille :

Les îles sont mal jetées sur la carte. (…) Nous naviguons comme des gens qui ne savent pas ce qu’ils cherchent, et par un entêtement de nos commandants qui cherchent de l’ambre gris ne faisant point notre route.

On retrouvera la transcription du manuscrit remis à Jean-Pierre Brown à la suite de l’article de Didier Morin.

Pour ce dernier, la première expédition malouine à Mokha n’a pas fait escale à Tadjoura. Pour cette raison – ou pour une autre, sait-on jamais – elle ne figure pas dans l’Encyclopaedia Aethiopica. On aurait pourtant aimé l’associer au thème du café même si cette boisson n’est consommée par les Chrétiens éthiopiens que depuis le règne de Ménélik II, comme nous l’apprend Éloi Ficquet dans cette vidéo mémorable.

Biblethiophile, 20.08.2026


[1] MORIN (Didier), « La première expédition malouine à Mokha : l’escale manquée de Tadjoura (29-30 décembre 1708) », Pount, n° 8, 2014, p. 93-119.