Tertulliano Gandolfi
Tertulliano Gandolfi
Tertulliano Gandolfi est la bête noire des politiques, militaires italiens de la fin du XIXe siècle mais également celle des chercheurs, qu’ils soient contemporains à la colonisation de l’Erythrée par l’Italie ou modernes.
Le récit de son séjour dans la colonie naissante, I misteri dell’Africa italiana, est une diatribe anticolonialiste hors du commun qui ne fait pas l’unanimité, de nos jours encore. L’universitaire Francesco Casales le classe entre les Mystères et le roman colonialiste, soupçonnant l’auteur, à l’image de l’historien Massimo Zaccaria, d’avoir usé d’un pseudonyme. Le bibliographe hors pair et rédacteur en chef du site www.ilcornodafrica.it, Gian Carlo Stella, est quant à lui persuadé que Tertulliano Gandolfi a réellement existé.
Même si l’apparition sur ebay du portrait photographique de Tertulliano ne permet pas de trancher, elle est l’occasion idéale pour biblethiophile de tenter de brosser son portrait et d’offrir une compilation des informations disponibles.
Son profil
Nous vous proposons de rassembler les traits de caractères et les indices chronologiques que l’auteur sème dans son récit. Nous laisserons délibérément le soin aux historiens de juger de l’exactitude des événements relatés. Qu’il nous soit permis d’utiliser la traduction française de Google pour les passages et expressions empruntées au texte et de renoncer aux notes de bas de page pour leur place dans le texte.
Tertulliano Gandolfi est de Mantoue, c’est tout ce qu’il dévoile de ses origines, privilégiant l’exposé de ses convictions.
Gandolfi se dit compter parmi les hommes, « simples mortels », « ignorants » et « primitifs » qui perçoivent « la poésie des beautés de la création » mais pas celle « des choses créées par la main de l’homme ».
Il ne croit en aucun Dieu. Selon lui, il ne faut pas non plus croire les « grands hommes » qui « perdent le sens de la vérité ».
Les militaires ne sont pas mieux lotis que les grands hommes dans le panthéon de Gandolfi. Seuls les carabiniers peuvent compter avec son indulgence.
Quant aux religieux, ils sont allégrement cloués au pilori. Notre homme est d’avis que « toutes les religions poussent les hommes à faire le mal et à tuer ». Le « prêtre est aussi nuisible que le soldat ». Seuls les protestants de la mission suédoise en Erythrée semblent faire exception.
Il « souffre de voir souffrir » et il « donnerait tous son sang pour racheter cette société de menteurs, de brigands, de voleurs et d’esclaves » dans laquelle il doit vivre.
Il affirme que la « Patrie est une très belle chose en poésie, mais en prose, elle ne vaut que peu de choses car les Patries oppriment les peuples », concluant : « il serait mieux si tous les hommes comprenaient la Patrie comme l’Univers entier ».
À la lecture de son récit, on en déduit que Tertulliano est maçon. Dans tous les cas, il sait tailler des pierres mais également construire une maison en briques. Il est simple ouvrier sans toutefois ignorer comment mener des hommes.
Il a une force physique hors du commun. En Erythrée, il résiste admirablement à la chaleur de l’été alors que tous les ouvriers occidentaux ont fui la fournaise. Ce qui ne l’empêche pas, cependant, de souffrir pendant cinq ans de fièvres infectieuses et, pendant une année, d’une « profonde plaie à la fesse causée par une injection de quinine administrée de nuit par une infirmière ivre ». À l’été 1898, il se casse une jambe en tombant du pont de Monkullo.
Sa quête
Avec cet accident, nous avons brûlé les étapes. Mettons de côté le profil de Tertulliano Gandolfi et explorons son séjour dans une Erythrée qui n’est pas encore officiellement une colonie de l’Italie mais où l’armée de cette dernière a déjà subi sa première défaite, à Dogali, le 26 janvier 1887.
Gandolfi part « en quête de pain meilleur » et prévoit de travailler à la construction des grands édifices que l’administration militaire a planifiés. Le 28 septembre 1889, il embarque sur le vétuste Polcevera, en 3e classe, mange et dort par terre au milieu de 500 soldats.
À Alexandrie, il s’accorde une excursion en train vers Le Caire, visite les pyramides avant de retrouver sa sordide et insalubre 3e classe à Suez. Au lieu des 8 jours qu’un navire met normalement pour atteindre Massawa, ce sont 14 jours qu’il décrit ainsi :
on sombre dans un tel désespoir et une telle brutalité qu’on en oublie son humanité. À peine débarqué, l’épuisement est tel qu’on titube comme un mourant.
Le récit de son séjour ne suit pas la chronologie de son activité mais, aux moyens d’anecdotes, critique sévèrement le comportement des acteurs de la colonie naissante. Son statut d’ouvrier, ses convictions et son indépendance font de son témoignage sans concession une source unique et inestimable. La prostitution, tout particulièrement masculine, le viol sont les sujets prédominants de son réquisitoire. Inutile de répéter ici le passage le plus abjecte, tant il est repris par les études modernes[1].
C’est à Keren qu’il passe « les plus beaux jours de sa vie ». Il est « jeune, en bonne santé, libre et maître de lui-même, heureux comme un poisson dans l’eau, sans aucun souci au monde si ce n’est celui de travailler et de manger, d’envoyer ses modestes économies à sa chère famille chaque mois et de profiter de quelques moments de détente pendant les fêtes. Ici, sa vie [est] simple et sa maison est dépouillée de toutes les futilités de notre grand progrès. Tout son bazar tient sous un bras ».
Gandolfi est en Erythrée lorsque l’armée italienne est écrasée à Adoua, le 1er mars 1896. Gandolfi traite l’événement à sa manière et n’est pas tendre avec Baratieri.
Il ne juge pas moins sévèrement l’administration civile mise en place après la défaite et tout particulièrement le gouverneur Ferdinando Martini, arrivé en février 1897. Il écrit :
Avec son mandat de gouverneur, M. Martini a démontré qu’il n’avait ni conscience ni dignité humaine ; il a montré qu’il serait capable de trahir l’Italie et tous les Italiens pour s’enrichir et parvenir au sommet.
Faut-il en déduire que Gandolfi rejette autrui indifféremment ?
Non, car à la fin d’une de ses anecdotes, il loue la noble âme d’un photographe de Massawa, un certain « N ». Si seulement biblethiophile pouvait se convaincre que Tertulliano Gandolfi parle de Luigi Naretti !
La dernière date figurant noir sur blanc dans le récit est l’année 1902, par conséquent 13 ans après son débarquement à Massawa. Est-elle concomitante à son départ ?
Rien n’est moins sûr.
Dans tous les cas, notre héros termine son récit par :
Après plusieurs années passées en Érythrée, et après des voyages à Aden, Djibouti, Harrar et en Somalie, et après une série continue de luttes, de maladies et de douleurs physiques, mais surtout de souffrances morales dues à la méchanceté de mes frères… en Christ, embarquons sur le Po, un vapeur de la Navigazione Generale Italiana, et mettons le cap sur l’Italie.
Il voyage désormais en 2e classe mais, en bon humaniste, ne peut s’empêcher de tourner son regard vers la 3e.
I misteri dell’Africa italiana
Une recherche dans les catalogues en ligne des bibliothèques permet d’avoir une idée des publications de Tertulliano.
À titre de préambule, précisons qu’un nota bene ajouté à la fin du I misteri dell’Africa italiana laisse entendre qu’il n’est pas le premier livre qu’il publie : « Questo libro fa seguito all’altro col titolo : La Vita di un operaio ». Ce titre n’est pas référencé dans la base de données de Worldcat qui comprend plus de 405 millions de livres. Pour l’instant, il faut le considérer comme une chimère.

GANDOLFI (Tertulliano), I misteri dell’ Africa Italiana, p. 278
À contrario, les publications suivantes sont avérées :
- Tertulliano Gandolfi, I misteri dell’Africa italiana, Roma : T. Gandolfi, 1910, (Tip. Labicana, Fratelli Tempesta).
- Tertulliano Gandolfi, La rivoluzione italiana e i mezzi per impedirla, Virgilio : La Virgiliana, 1915, (Mantova : Tip. La Provinciale).
- Tertulliano Gandolfi, Virgiliamoci !, Mantova : Tip. Eredi Segna, 1920.
- Tertulliano Gandolfi, Processiamo l’assassino : (ai governanti d’Europa), Firenze : Petroli, [1924].
- Tertulliano Gandolfi, Virgilio, poeta dell’umanità : con una parte del discorso di Giosue’ Carducci pronunciato a Pietole il 30 novembre 1884 per l’inaugurazione del monumento a Virgilio, Firenze : G. Nerbini, 1930 (G. Cencetti).
Notons qu’il publie son premier livre à compte d’auteur : Roma, Tertulliano Gandolfi – Editore, via Marche 54. Cet indice pourrait signifier qu’aucun éditeur n’a pris le risque de publier son livre pamphlet. De plus, pour éviter toute contrefaçon, il signe ses exemplaires et nous offre par la même occasion un élément d’identification graphologique.

GANDOLFI (Tertulliano), I misteri dell’ Africa Italiana, page [4].
La dédicace qui fait suite est à l’attention d’un certain Pietro Petroli, le même patronyme que l’éditeur florentin de son Processiamo l’assassino, un éditeur inconnu à Worldcat.
I misteri dell’Africa italiana ne se trouve que dans 4 bibliothèques référencées sur Worldcat ce qui s’apparente bien à un « merle blanc ».
Le fonds géré par Gian Carlo Stella possède un exemplaire enrichi d’un envoi de l’auteur et d’une modification de la main de l’auteur du lieu d’édition en « Livorno ».
Un pseudonyme
En 2005, l’historien Massimo Zaccaria publie une remarquable étude sur l’or de l’Erythrée[2] redevable, entre autres, à la Biblioteca-Archivio « Africana » de Gian Carlo Stella. Sans argumenter, il admet que Primizio Remigio Gandolfi a écrit I misteri dell’Africa italiana sous le pseudonyme de Tertullien[3].
Une information reprise par Francesco Casales, également historien, dans son analyse de la littérature des Mystères et du roman colonial italien[4] :
Particolarmente rilevante, in questo senso, è l’impiego che di tali strutture narrative viene fatto nel contesto della letteratura coloniale e d’avventura, e cioè in quelle produzioni letterarie che intendono esplicitamente raccontare la relazione tra metropoli e colonia. Se Sue, muovendo dalla letteratura colonia le di Cooper, ambiva a raccontare i barbari europei, e cioè le classi pericolo se, il romanzo coloniale opera in senso inverso e dalla rappresentazione delle classi pericolose europee trae gli enunciati attraverso cui tornare a raccontare i barbari extra-europei[5].
Le premier livre de Tertulliano lui semble être le premier exemple :
Cronologicamente, la prima declinazione italiana espressamente coloniale dei tropi della letteratura dei Misteri mi pare vada individuata ne I misteri dell’Africa italiana (1910) di Tertulliano Gandolfi, il cui vero nome era Primizio Remigio[6].
L’individu et son emprunte
Se basant sur un article paru en 1910 dans la revue Il divenire sociale. Rivista di socialismo scientifico, l’historien Gian Carlo Stella est d’avis que l’ouvrage a été censuré. Il relaie l’anecdote selon laquelle, à la Chambre des députés, Tertulliano Gandolfi aurait lancé des tracts depuis la galerie publique « pour protester contre la corporation jésuite et la lâche conspiration du silence que les journaux répugnants ont ourdi au détriment de son livre patriotique I misteri dell’Africa italiana »[7]. Le journaliste G[iacinto ?] Stiavelli termine son article en s’assurant personnellement de l’honneur de Tertulliano Gandolfi. N’aurait-il pas renoncé à son article s’il avait appris que Gandolfi usait d’un pseudonyme ?
Le bibliographe poursuit en signalant une annonce dans le Giornale dei lavori pubblici e delle strade ferrate du 14 février 1900, selon laquelle le Ministère aurait annulé pour raison d’irrégularité un marché attribué à Tertulliano Gandolfi, né à Virgilio (Mantoue)[8]. Cette date n’est pas corroborée par le récit de Tertulliano qui affirme être encore en Erythrée en 1902. A-t-il répondu à un appel d’offre à distance ? Ce point nécessiterait une recherche plus approfondie dans les archives.
Pour terminer, Gian Carlo Stella donne le coup de grâce à l’hypothèse du pseudonyme en nous dévoilant que Tertulliano Gandolf s’est présenté, sans toutefois maintenir sa candidature, à une élection sous le parti Costituzionale indipendente, arborant le buste de Virgil comme logo. Or, il n’est pas permis en Italie, comme dans la majorité des pays civilisés d’ailleurs, de se présenter sous l’identité d’un pseudonyme.
Virgil
En évoquant le buste du Virgil, la transition est toute donnée pour mentionner qu’hormis son anticolonialisme, Tertulliano Gandolfi est un fervent Virgilien, le poète latin né à Andes, une ville rebaptisée Virgilio en 1883, à deux pas de Mantoue, lieu de naissance de Tertullien. Parmi ses publications, ce dernier publie Virgiliamoci!, un salut de son cru à l’attention des jeunes Mantouans.

GANDOLFI (Tertulliano), Virgiliamoci!, page de titre.
Son portrait photographique
La collection de biblethiophile conserve précieusement le portrait de Tertulliano Gandolfi apparu sur ebay.

Anonyme, Tertulliano Gandolfi, Photo-carte postale, collection © biblethiophile.
La photographie montre un homme aux tempes grisonnantes, élégamment coiffé et à la carrure se rapprochant bien de celle d’un maçon. Le regard est déterminé, l’objectif bien cadré. Quel âge peut-il avoir ? Entre 40 et 50 ans ?
En fait, le tirage est une carte-photo, sans mention d’éditeur hormis le cachet à sec du recto où seul le nom de Bartoli peut être déchiffré.

Anonyme, Tertulliano Gandolfi, détail, collection © biblethiophile.
Le verso est divisé, surmonté du titre en italien « Cartolina postale » secondé de sa traduction française.

Anonyme, Tertulliano Gandolfi, verso, collection © biblethiophile.
Aucun affranchissement ni oblitération n’ont laissé de trace. La dédicace manuscrite de Tertulliano est datée du 7 mai 1924 à Florence. La carte est destinée au directeur du journal Le Petit Parisien dont l’adresse figure à droite.
Un cachet humide, tout à gauche, confirme la réception le 14 mai 1924 par la Société du Petit Parisien, Dupuy & Cie. Pierre et Paul Dupuy ont repris la direction du journal à la suite du décès de leur père, Jean Dupuy, le 31 décembre 1919[9]. À la fin de la Première Guerre mondiale, le périodique peut compter sur un tirage dépassant les 3 millions d’exemplaires et suit une ligne éditoriale conservatrice modérée, se démarquant des journaux militants.
La dédicace est signée de Tertulliano Gandolfi ; une signature parfaitement identique à celle imprimée dans I misteri dell’Africa italiana à titre de garantie d’authenticité.
En travers de l’adresse, le nom de l’auteur est répété, accompagné de la mention « Homme de lettres italien ».
Elle pourrait être de la main de Tertulliano ce qui signifierait que l’ancien maçon en est encore à fanfaronner. Si, en revanche, elle est d’une tierce main, elle pourrait alors s’apparenter à une reconnaissance.
Les Gandolfi
Si le doute devait persister, il serait alors pertinent de passer en revue tous les Gandolfi en Erythrée[10] :
Adelmo Gandolfi. Commerçant né à Asmara en 1914.
Antonio Gandolfi. Au mois de juin 1890, le général Gandolfi remplace le général Baldassarre Orero en Erythrée. Le Gouvernatore Civile et Militare substitue au Comandante Superiore. En février 1892 (ou en mars selon d’autres sources), il est remplacé à son tour par le général Oreste Baratieri[11]. On lui connaît La nostra politica africana. Timori e speranze di un ex funzionario eritreo qu’il publie sous couvert d’anonymat en 1895.
Giacomo Gandolfi. Arrivé le 7 novembre 1908. Entrepreneur ayant participé à la construction de nombreux ouvrages publics et privés.
Gino Gandolfi. Commerçant arrivé en 1913.
Nevio Gandolfi. Fils de Giacomo.
Primizio Gandolfi. Petit-fils de Primizio (sic !), il faut comprendre Primizio Remigio.
Primizio Remigio Gandolfi. Entrepreneur qui s’engage comme volontaire dans les troupes de génie de l’expédition de San Marzano. Il débarque en 1887. Il est lié à la construction de nombreux ouvrages parmi lesquels la caserne Saletta à Taulud, la voie ferrée Massawa-Sahati, des tronçons routiers, la gare d’Asmara, la ligne télégraphique Massawa-Asmara-Mareb. Il entreprend un projet agro-industriel à Sembel. À Asmara, il crée des fabriques de toutes sortes. Dans les années 1910, il est actif en Lybie avant de revenir en Erythrée en 1922. Selon Puglisi, Primizio Remigio Gandolfi meurt à Asmara en 1939.
Giuseppe Puglisi ne connaît pas Tertulliano Gandolfi.
Lanceur d’alerte ou trublion ?
Tertulliano Gandolfi est un humaniste pragmatique, virgilien à ses heures, qui dénonce les exactions et malversations dans la toute jeune colonie italienne d’Erythrée. Son livre pamphlétaire I misteri dell’Africa italiana, édité à compte d’auteur, aurait dû lancer l’alerte mais d’aucuns pensent qu’il a été censuré, d’autres le classent dans les romans coloniaux. L’identité de l’auteur fait également débat parmi les historiens, entre pseudonyme et véritable homme de lettre. La photographie de Tertulliano Gandolfi apporte une nouvelle touche au portrait qui reste cependant à dresser.
Biblethiophile, 25.05.2026
[1] Une copie numérisée est disponible ici.
[2] ZACCARIA (Massimo), L’oro dell’Eritrea, 1897-1914, Africa, LX, 1, 2005, pp. 65-110.
[3] Ibid., p. 97.
[4] Francesco Casales, “I barbari in mezzo a noi”. Articolazioni di razza e classe tra Misteri e romanzo coloniale italiano, in «Passato e presente», XLI, 121, 2024, pp. 91-112.
[5] Ibid., p. 96.
[6] Ibid.
[7] Notre traduction. La référence et le passage exacts sont : STIAVELLI (G.), « I misteri dell’Africa italiana », Il divenire sociale, rivista di sindacalismo, Roma, 1 Luglio 1910, anno VI, n. 13, p. 189-190 : Giorni addietro, alla Camera dei Deputati, certo Terzulliano Gandolfi lanciò nell’aula, dall’alto della tribuna pubblica, dei manifestini « per protestare contro la gesuitica e vile congiura del silenzio che i disonesti giornali hanno ordita a danno del suo patriottico libro I Misteri dell’Africa Italiana ».
[8] Giornale dei Lavori Pubblici e delle strade ferrate, Florence, année XXVII, n° 7, 14 février 1900, p. 84.
[9] Le Petit Parisien, Wikipedia, consulté le 15.05.2026.
[10] Les sources consultées sont : PUGLISI (Giuseppe), Chi e’? dell’ Eritrea 1952; MULAZZANI (A.), Geografia della colonia Eritrea
[11] Voir la liste des comandante e governore.